DU SYSTÈME DU MONDE. 69
avons eu besoin, quelquefois, de leur donner une légère secousse,pour leur faire prendre l’état qui convenoit à leur température. Lesecond objet est relatif aux pendules invariables dont on se sertpour déterminer les différences de la pesanteur dans les diverslieux de la terre. Si la verge du pendule est d’acier, il est à craindreque l’effet du magnétisme terrestre ne se complique avec celui de lapesanteur; et comme il s’agit d’apprécier de très-petites quantités,dans ces expériences ; il importe de s’assurer que cet effet est insen-sible.
Les observations du pendule à secondes, en fournissant une lon-gueur invariable et facile à retrouver dans tous les temps, ont faitnaître l’idée de l’employer comme mesure universelle. On ne peutvoir le nombre prodigieux de mesures en usage, non-seulementchez les différens peuples, mais dans la même nation; leurs divi-sions bizarres et incommodes pour les calculs ; la difficulté de lesconnoître et de les comparer; enfin, l’embarras et les fraudes quien résultent dans le commerce; sans regarder comme l’un des plusgrands services que les sciences et les gouvernemens puissent rendreà l’humanité, l’adoption d’un système de mesures, dont les divi-sions uniformes se prêtent le plus facilement au calcul, et qui dérivede la manière la moins arbitraire, d’une mesure fondamentale indi-quée par la nature elle-même. Un peuple qui se donneroit un sem-blable système de mesures, réuniroit à l’avantage d’en recueillir lespremiers fruits, celui de voir son exemple suivi par les autrespeuples dont il deviendroit ainsi le bienfaiteur; car l’empire lent,mais irrésistible de la raison l’emporte à la longue, sur les jalousiesnationales et sur tous les obstacles qui s’opposent au bien d’uneutilité généralement sentie. Tels furent les motifs qui détermi-nèrent l’assemblée constituante, à charger de cet important objet,l’Académie des Sciences. Le nouveau système des poids et mesuresest le résultat du travail de ses commissaires secondés par le zèle etles lumières de plusieurs membres de la représentation nationale.
L’identité du calcul décimal et de celui des nombres entiers, nelaisse aucun doute sur les avantages de la division de toutes lesespèces de mesures, en parties décimales; il suffit, pour s’en con-vaincre , de comparer la difficulté des multiplications et des divisions