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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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EXPOSITION

complexes, avec la facilité des mêmes opérations sur les nombresentiers, facilité qui devient plus grande encore, au moyen des loga-rithmes dont on peut rendre, par des instrumens simples et peucoûteux, lusage extrêmement populaire. On ne balança donc pointà adopter la division décimale, et pour mettre de luniformité dansle système entier des mesures, on résolut de les dériver toutes,dune même mesure linéaire, et de ses divisions décimales. La ques-tion fut ainsi réduite au choix de cette mesure universelle à laquelleon donna le nom de mètre.

La longueur du pendule, et celle du méridien, sont les deuxmoyens principaux quolfre la nature , pour fixer lunité desmesures linéaires. Indépendans lun et lautre, des révolutionsmorales, ils ne peuvent éprouver daltération sensible, que par detrès-grands changemens dans la constitution physique de la terre.Le premier moyen, dun usage facile, a linconvénient de fairedépendre la mesure de la distance, de deux éléinens qui lui sonthétérogènes, la pesanteur et le temps dont la division est dailleurs,arbitraire. On se détermina donc pour le second moyen qui paroîtavoir été employé dans la plus haute antiquité; tant il est naturel àlhomme, de rapporter les mesures itinéraires, aux dimensionsmême du globe quil habite, en sorte quen se transportant sur ceglobe, il connoisse par la seule dénomination de lespace parcouru,le rapport de cet espace, au circuit entier de la terre. On trouveencoreà cela, lavantage de faire correspondre les mesures nautiquesavec les mesures célestes. Souvent le navigateur a besoin de déter-miner lun par lautre, le chemin quil a décrit, et larc célestecompris entre les zénith du lieu de son départ et de celui il estarrivé; il est donc intéressant que lune de ces mesures soit lex-pression de lautre, .à la différence près de leurs unités. Mais pourcela, lunité fondamentale des mesures linéaires, doit être une partiealiquote du méridien terrestre, qui corresponde à lune des divi-sions de la circonférence ; ainsi, le choix du mètre fut réduit à celuide lunité des angles.

Langle droit est la limite des inclinaisons dune ligne sur unplan, et de la hauteur des objets sur lhorizon : dailleurs, cest dansle premier quart de la circonférence, que se forment les sinus, et