DU SYSTEME DU MONDE. 83que les molécules extrêmes de l’atmosplière sont élevées au moins,de soixante mille mètres.
Si l’œil pouvoit distinguer et rapporter à leur vraie place, lespopits de la surface extéi'ieui'e de l’atmosphère, nous vendons leciel comme une calotte sphérique, formée par la portion de cettesurface, que retrancheroit un plan tangent à la terre; et commela hauteur de l’atmosphère est fort petite relativement au rayonterrestre, le ciel nous paroîtroit sous la forme d’une voûte sur-baissée. Mais quoique nous ne puissions pas distinguer les limitesde l’atmosphère ; cependant, les rayonsqu’elle nous renvoie, venantd’une plus grande profondeur à l’horizon qu’au zénith ; nous devonsla juger plus étendue dans le premier sens. A cette cause, se jointencore l’interposition des objets à l’horizon, qui contribue à aug-menter la distance apparente de la partie du ciel, que nous rappor-tons au-delà ; le ciel doit donc nous paroître fort surbaissé, tel quela calotte d’une sphère. Un astre élevé d’environ vingt-six degrés,semble diviseï- en deux parties égales, la longueur de la courbe queforme depuis l’horizon jusqu’au zénith, la section de la surface duciel, par un plan vertical ; d’où il suit que le rayon horizontal dela voûte céleste apparente, est à son rayon vertical, à-peu-prèscomme trois et un quart est à l’unité; mais ce rapport varie avecles causes de cette illusion. La grandeur apparente du soleil et de lalune, étant proportionnelle à l’angle sous lequel on les apperçoit,et à la distance apparente du point du ciel auquel on les rapporte;ils nous paroissent plus grands à l’horizon qu’au zénith, quoiqu’ilsy soient vus sous un plus petit angle.
Les rayons de lumière ne se meuvent pas en ligne droite dansl’atmosphère ; ils s’infléchissent continuellement vers la terre.L’observateur qui n’apperçoit les objets, que dans la direction dela tangente à la courbe qu’ils décrivent, les voit plus élevés qu’ilsne le sont réellement, et les astres paroissent sur l’horizon, alorsmême qu’ils sont abaissés au-dessous : ainsi l’atmosphère, en inflé-chissant les rayons du soleil, nous fait jouir plus long-temps de saprésence, et augmente la durée des jours que prolongent encorel’aurore et le crépuscule. Il importoit extrêmement aux astro-nomes, de déterminer les loix et la quantité de la réfraction, pour
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