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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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86 EXPOSITION

ces limites ; la loi de diminution de densité des couclies, tient doncà-peu-près le milieu entre les progressions géométrique et arith-métique, ce qui est conforme aux observations du baromètre et duthermomètre. En général, on peut concilier toutes ces observationset celles des réfractions astronomiques, au moyen d’hypothèsesfort vraisemblables sur la diminution de la chaleur en s’élevantdans l’atmosphère, sans recourir, comme quelques physiciens l’ontfait, à un fluide particulier qui, mêlé à l’air atmosphérique, réfractela lumièi'e.

Lorsque la hauteur apparente des astres excède douze degrés ; laréfraction ne dépend sensiblement que de l’état du baromètre et duthermomètre dans le lieu de l’observateur, et elle est à très-peuprès proportionnelle à la tangente de la distance apparente de l’astre,au zénith, diminuée de quatre fois la réfraction. On a trouvé pardivers moyens, qu’à la température de la glace fondante, et quandla hauteur du baromètre est de soixante et seize centimètres, lecoefficient qui multiplié par cette tangente, donne la réfractionastronomique, est de i85",g; mais il varie comme la densité de l’airdans le lieu de l’observation. Cette densité varie d’un 25o em ', pourun degré du thermomètre ; il faut donc diminuer ou augmenter cecoefficient, d’autant de fois sa aôo'’™ 0 partie , que le thermomètre del’observateur indique de degrés au-dessus ou au-dessous de zéro,La densité de l’air, à température égale, étant proportionnelle à lahauteur du baromètre ; il faut encore faii'e varier ce coefficient ainsicorrigé, dans le rapport de la hauteur observée du baromètre, àsoixante et seize centimètres. Au moyen de ces données, on pourraconstruire une table de réfractions, depuis douze degrés de hauteurapparente, jusqu’au zénith, intervalle dans lequel se font presquetoutes les observations astronomiques. Cette table aura l’avantaged’être indépendante de toute hypothèse sur la constitution del’atmosphère, et elle pourra servir au sommet des plus hautesmontagnes, comme au niveau des mers.

L’atmosphère affoiblit la lumière des astres, sur-tout à l’horizonoù leurs rayons la traversent dans une plus grande étendue. Il suitdes expériences de Bouguer, que le baromètre étant à soixante etseize centimètres de hauteur, si l’on prend pour unité, l’intensité