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Tome vingt-neuvième.
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concorde entre la sensation de îa rétine &les mouvcmens de l’iris. Si l'on tût remar-que quelque connexion des parties, elleauroit éclairci une question ít difficile ;mais ici l’anatomie nous abandonne. Onne discerne aucun filament d u nerf opti-que ou de la rétine , qui aboutisse à l’iris ;c’est de-là que naît l’incertitude & le silencedes anatomistes fur ce point. L’hypothesede M. Mariotte qui , supposant que lachoroïde est l’organe de la vue , & quel’iris fait partie de la choroïde , feroitlòudain disparoître toute difficulté , nedoit être comptée pour rien , car la cho-roïde n’étant pas l’organe de la vue , sonsystème tombe tout-à-la-fois.

Le seul Morgagni , très-savant ana-tomiste , essaya le premier ce que per-sonne n’auroit pu mieux faire que lui. IIimagina que la nature n’avoit pas en vainprolongé la rétine jusqu’au corps ciliaire ;& recherchant quel usage pouvoit avoirle bord de la rétine près de l’iris, proposala conjecture très-subtile qui suit. « JXJequetamen retint ulteriorem progressum 'muti-lera censeo : imo nifi me conjectura fallit,inde fortaffe repetenda causa est , c tir provariá retint, ab immijso lumìne agitations,continuo ciliare corpus , & annexa iris•varia agitations se dissonant , videlicet utconjunCtt retint tenfìoncs, aut ejus fpiri-ttium motus alto alius modo , graduve ,cum ciliari corpore communìcantur. Quodjì conjecturam non improbes , etiamfi nonpanas cum Aíariotto ; choroidem esse prt-cipuum visus ïnftrumentum , habebis ta-men unde intelligas, cur ultro pupilla incbfcuriori loco dilatetur , in lumine contra-batur : quoi ìlle explìcatu disscillimum ,fi retina visûs jìatncretur organum , cen-febat Epift. Anat. 17. § 18 , pag. 304.Dans cette conjecture , on suppose , si jene me trompe , que la rétine frappée parla lumière , souffre des trémoussemens &des oscillations, en un mot qu’elle est irri-table ; que ces oscillations parvenues jus-qu’â son bord , se communiquent au corpsciliaire de celui-ci à l’iris, & qu’ainsise fait la contraction de la prunelle par latrop vive lumière. Mais l’illustre Haller adéja démontré par des faits , que le nerfffest pas irritable , & qu’il ne trémousse

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ni n'ofcillo , quel que foie le corps cîont 8est frappé ; on ne peut donc suivre laconjecture de Morgagni , puisque îa rétineest une moelle nerveuse comme îe nerfoptique. Et en effet , comment peut-onimaginer des vibrations & des trémouíïe-mens dans un corps mou & muqueuxcomme la rétine , & bailleurs environnédéparties molles ? moins encore peut-onconcevoir que ces vibrations puissent secommuniquer à ses parties les plus éloi-gnées , par le seul léger attouchement dequelques foibles rayons de lumière , furle fond d’une membrane très—subtile &très-flasque. Mais quand même quelquelégere oscillation pourroit parvenir jus-qu’a u x bords de la rétine , commentpeut - elle être communiquée au corpsciliaire ? Ses plis font durs , forts , &étroitement attachés à la membrane ducorps vitré, & moins en état de trans-mettre à l’iris les vibrations reçues parle moyen du corps ciliaire. Quand onaccorderoit même qu’elles y passent, l’irisn’en feroit pourtant pas remué , puisqu’ilest immobileaux piquûresd’une aiguille, àfaction d’une très-vive lumière, & aux étin-celles du feu électrique. Mais si cela est,les esprits animaux même ne pourrontla remuer ; car je n’entends pas commentpeuvent être transmises au corps ciliaireles vibrations des esprits animaux , quel-que insensibles & légeres qu’elles soient.Cependant on ne trouve aucune connexionou filament de la re'tine au corps ciliaire &à l’iris ; jamais l’iris ne fait aucun mouve-ment , lorsqu’on pique ses nerfs , ou lenerf optique même & la rétine , dans lesanimaux encore vivans ou morts depuispeu , & lorsqu’on va jusqu’à percer avecdes épingles ces parties , comme je l’aiplusieurs fois estâyé.

Ainsi , ce point de physique animale estjusqu’à présent entièrement inconnu, &il faut, d’après les expériences , examinercomment cette connexion & cette ana-logie dans les mouvemens peuvent exis-ter , & quelle est l’origine de leurs diffé-rences : mais on ne peut connoître le vraichangement de 1 iris , si on ne connoît sonétat naturel ou de repos ; c’est donc àcette recherche qu’il faut, avant tout,

s’attachei»