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Tome vingt-neuvième.
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ï’attacîvîf. Les anatomistes oht éPS astercommunément que l’état naturel de l’irisest son rétrécissement, c’est-à-dire , quandla prunelle est plus large ; maïs n’ayantpas trouvé d’aísez fortes raisons pour mepersuader , je commençai à douter , &de ce doute naquit l’envie de faire unelongue suite d’observations. J’avois tou-jours vu l’iris convexe dans mon chat, &tel il est aussi dans les hommes. Je neconcevois pas comment il pouvoit garderfa figure dans son expansion , quand laprunelle se rétrécit , si cela n’étoit pas sonétat naturel ; car il paroît qu’il devroitplutôt s’applatir dans ce mouvement, parla contraction des fibres circulaires suppo-sées , comme l’avoit cru Winílow ( Mem.dcl’/tcítd. 172t. ) , qui ne s’étonne aucu-ment de ce phénomène » tout contrairequ’il est aux théories déja reçues ; je cher-chai donc l’état de l’iris dans le sommeil :sûr de le trouver dans son état naturel,j’eus recours à mon chat devenu , parI’habitude , docile & patient.

Après lui avoir fait essuyer une longuediete de plusieurs jours , je lui apprêtaide quoi manger largement, de façon quedemi-heure après je le trouvai étendu parterre , abbatu par le sommeil. Je mecouchai doucement sur le lit , le tenanttoujours dans mes bras, avec une pau-pière que j’eus soin de tenir ouverte pen-dant deux heures avec mes doigts. Quandje commençois enfin à désespérer de levoir endormi, je vis fa prunelle se rétré-cir à mesure que l’animal approchoit del’état de sommeil. Deux minutes n’étoientpas écoulées , qu’il commença à trembler,comme s’il eût été en convulsion. J’aiobservé plusieurs fois la même chose dansles animaux ensevelis dans un profondsommeil, particulièrement dans les chiens.Dans mon chat endormi , la prunelle-etoit réduite à une ellipse très-appîatie ,Sç pas plus large au milieu qu’un quart deligne ; elle alla toujours décroissant juf-qu’à ce quelle fut réduite en très-peu detems à moins d’un tiers de ligne de lon-gueur & à moins de largeur en propor-tion. La prunelle n’est jamais si fort ré-trécie , quand elle est frappée parla plusvive lumière , réunie par des lentillesTome XXIX.

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fur la rétine. Je répétai cinq fois en diffé-rens tems l’observation énoncée. Tou-jours quand le chat s’endort, la prunellese rétrécit par degrés. Dans le sommeillé’,plus profond, elle est plus étroite encore ;mais jamais entièrement fermée , commoje I’ai vue depuis. En m’y prenant de lasorte, il falloit beaucoup de tems, & lechat s’endormoit difficilement les yeux:

, ouverts ; j'imaginai donc de le tenir cou-ché avec moi , gardant une petite bougieallumée à quelque distance , le chat tournéde telle façon , que ses yeux étoient àl’abri de la lumière. A peine fut-il en-dormi , que je lui ouvris doucement lespaupières , mais avec grande difficulté ;car du moment que je lui touchois l’œil,de la main , il se réveilloit. Je me misdonc à lui tenir toujours une main fur latête, & à attendre dans cette posturequ’il fût endormi, de façon qu’avec unseul doigt je lui ouvrois aisément les yeux ,fans discontinuer la pression de toute lamain sur la tête. La prunelle, toujours pluspetite dans le plus fort sommeil , n’étoitpourtant pas toujours égale , ni de lamême configuration , mais paroissoit tou-jours fous des figures différentes , le plussouvent elliptique , fermée en haut & enbas , & si rétréci e , qu’il n’y restoit qu’unpetit trou ovale au milieu , prolongé endeux petites découpures capillaires, Engénéral , la prunelle étoit trois ou quatrefois plus longue que large , & toujoursbeaucoup moindre que quand le chat étoitéveillé, même exposé à la plus vive lu-mière. J’ai eu enfin deux fois le plaisir dela voir entièrement fermée , fans qu’il yen eût d’autre vestige de prunelle , qu’uneefpece d’încision longue d’une ligne , &pas plus large qu’un cheveu. Ayant réi-téré l’observation avec une lumière forte& vire , je vis que la prunelle n’étoit passusceptible d’ultérieur rétrécissement, &toutes les fois que se chat couvroit l’irisavec fa troisième paupière , en regardantde côté à travers la cornée , on voyoit laprunelle très-étroite à l’ordinaire dansl’ombre de cette membrane.

N’étant pas encore content d’avoir vu

Ì la prunelle des chats entièrement ferméedans se sommeil , je voulus voir celle d-s