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Tome vingt-neuvième.
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l’homme. II y avoit un petit enfant dedix-huit mois ou environ , qui à une cer-taine heure du soir dormoit très-profon-dement. Un jour au coucher du soleil , jeJe trouvai endormi dans une chambre , oùà peine y avoìc-il assez de jour pour dé-mêler les objets les plus voisins. Je luiouvris doucement les paupières de l’œildroit ; il parut se réveiller , mais auffi-tôtil retomba endormi : fa prunelle très-ré-trecie étoit réduite à un petit cercle pasplus large qu’un sixième de ligne , & lesbords de l’irís paroissoient flotter dansl’humeur aqueuse ; il m’étoit arrivé d'ob-server la même chose dans le chat. Pourm’assurer que la prunelle demeuroit ainsirétrecie , j’éveillai Pensant , & soudainelle se dilata beaucoup , mais pour peu detems , car elle se rétrécir par degrés jus-qu’au diamètre ci’une ligne , & se main-tint dans cet état pendant une heure &demie. Ainsi dans le sommeil , elle étoit,autant qu’on peut juger par la simple ins-pection , trente-six fois plus petite. Ayantexaminé plusieurs autres fois cet enfantdans le sommeil, j’ai constammenttrouvéla prunelle fans comparaison plus étroite ,& jamais plus large , comme dans le chat,y restant toujours un petit cercle jamaismoindre qu’un point visible. J’ai enfinessayé plusieurs fois d’approcher une lu-mière de son œil, sans l’éveiller , & alorsla prunelle net se rétreciísoit pas pourcela. J’ai toujours observé la prunelletrès-étroite dans les personnes adultes ,quand elles étoíent endormies. A un hom-me qui dormoit les yeux ouverts , elleétoit si petite , qu’à peine pouvoit-on ladiscerner à la foible lumière d’une petitebougie , au fond de la chambre.

II est donc clair , malgré ce que l’on acru jusqu’à présent, que l’état naturel del’iris , est fa dilatation, puisque l’état na-turel de la prunelle est d’étre fermée ;ainsi , au contraire , l’état violent del’iris est le rétrécissement , quand laprunelle se dilate. Et en effet, cette vé-rité n’est-elle pas suffisamment démon-trée , si la prunelle est plus étroite darsle sommeil que dans la veille , quand ,'alumière n’agit pas fur les yeux , & que lesanimaux endormis ne souhaitent pas de

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voir ? Oui : c’est un fait. Si les corpssortent de leur état naturel uniquementquand ils sont mis en mouvement par quel—qu’autre corps, ou par leur volonté , onest forcé de conclure nécessairement quela prunelle est dans un état violent, quandsanimal veut démêler les objets, & que îalumière frappe la rc'tine ; & dans un étatnaturel , quand í’œil est dans un reposparfait , & insensible à l’effort de la lu-mière.

On pourroit nous objecter une feuledifficulté ; c’est que la lumière requisepour observer les animaux & les hom-mes endormis , est par son action la causedu rétrécissement de la prunelle ; maiscela est si faux , qu’au contraire la pru-nelle s’élargit à mesure que l’animal s’é-veille, nonobstant que la lumière doiveplus fortement agir dans ce moment duréveil, car nous savons tous par expé-rience , combien nous sommes sensibles àcette même lumière , qui un momentaprès est si foible , qu’on a de la peine àdistinguer les objets. Ainsi il faut direque ce n’est pas la lumière qui retient lesprunelles pendant le sommeil , ou il sau-droit admettre qu’une petite lumière estplus active & plus efficace qu’une grande.Si la rétine dans l’animal endormi étoitsensible à la lumière , elle en devroitressentir les changemens & les dégrada-tions , & la prunelle s’élargir plus ou moinscomme quand il est éveillé ; mais que lalumière soit forte ou foible , on n’observejamais de tels changemens. La prunelled’ailleurs ne peut pas se mouvoir pendantle sommeil , si tous les changemens &tous les mouvemens de l’iris dépendentde la volonté de l’animal ; & il a été dé j»démontré qu’il n’y a d’autre lumière capa-ble de rétrécir la prunelle que celle quîparvient au fond de l’œil, & trouve larétine susceptible de sensation. On ne voitpas pendant le sommeil , & l’animal nefe soucie pas des objets extérieurs. Quepeut-on dire enfin après l'obsorvation dé-cisive de la prune'le entièrement immo-bile dans le sommeil , même à la plusforte lumière d’un flambeau ? Dans cecas-là , pourquoi la cause si fort accruen’a-t-elle pas agi ? Ou les effets ne seront