Band 
Tome vingt-neuvième.
Seite
19
JPEG-Download
 

K E T

plus proportionnés LUX causes, ou ce n e-soit pas la foible lumière que l’on nous«pposoit , qui avoit rétréci la prunelle.

Après avoir éclairci & fixé l’etat natu-rel de l’iris , on peut aisément entendrecomment il se maintient convexe , mé-mo dans son plus grand élargissement ;phénomène que l’on ne peut expliquerdans aucune hypothèse , de façon queWinstow même parvint jusqu’à imaginerun nouveau corps , qui placé derriere l’i-ris , en empêchât l’applatissement qui luiparoissoit , par la contraction de ses fibrescirculaires, absolument nécessaire ( Win.Alem. en droit. ) Si la dilatation est l’étatnaturel de l’iris , il est donc convexe parnature ; & plus il se dilate en rétrécissantla prunelle , plus il doit devenir convexe,parce qu’il approche d’autant plus de sonétat naturel. S’il y avoit quelqu’un assezíìmple pour s’en étonner ou en demanderla raison , il n’auroit qu’à chercher auílìpourquoi les yeux sont ronds , la poitrineconvexe, & enfin pourquoi toutes lesparties sont conformées comme elles lesont par la nature.

Je voulus cependant m’assurer de cephénomène, qui avoit donné matière àbeaucoup de recherches , & qui mêmeavoit été mis en doute ; & je trouvai parl’examen le plus exact , non - feulementl’iris toujours convexe dans les animaux ,mais une particularité encore , qui n’avoitété remarquée par personne. Sa convexités’accroît à proportion que la prunelle serétrécit ; & on voit cela très - évidem-ment dans les chats , les chiens & plu-sieurs autres animaux. La même chosearrive auílì dans les hommes , malgré lesentiment contraire de M. Petit, qui aíait plusieurs expériences trompeuses , enouvrant des yeux glacés ; car la mort & laglace peuvent changer trop de choses dansun œil ; & st l'on pouvoit en inférer quel-que chose , ce seroit plutôt le contrairede ce qu il avance; je m’en fuis assurémoi-meme , en répétant les mêmes expé-riences fur des yeux plus ou moins frais,& pleins de leurs propres humeurs , quej’ai fait glacer en différentes situations. IIfaut donc observer les animaux vivans. Lesyeux de mes amis & les miens examinés

R E T i 9

auífi attentivement qu’il est possible , aumiroir, & avec une loupe à prunelle large,ausli bien qu’étroite , m’ont toujours paruavoir austi l’iris convexe , bien qu’à direvrai il soit mal aisé de découvrir cetteconvexité , quand on regarde de face. IIfaut pour la voir clairement, regarder detrès-près de côté dans la cornée , de façonqu’on voie s’avancer en-dehors la con-*vexité de cette membrane extérieure , &toute la distance de la cornée à l’iris , àtravers la cornée & enfin l’iris , & la pru-nelle de profil ; on voit par ce moyen cetemplacement convexe , dont la prunelleoccupe la partie la plus avancée.

Pendant que j’examinois la convexité del’iris fur mon chat, je vis fa forme parti-culière ; elle est si différente de ce qu’elleest dans l’homme , qu’elle vaut la peined’être décrite. L’iris des chats est de tellefigure, que pour la mieux comprendre ,il faut la supposer distinguée en deuxparties ou anneaux concentriques , pres-que également larges , quand elle est ré-trécie & que la prunelle est plus large ,parce qu’alors tout l’iris s’approche plusde la figure d’un anneau circulaire. Leplus grand de ces anneaux , c’est-à-dire ,le bord extérieur de l’iris , le plus prés duligament ciliaire , paroît presque immobiledans les médiocres mouvemens de la pru-nelle , & cela non r seulement dans leschats , mais dans les agneaux , chevrotins,& plusieurs autres animaux que j’ai exa-minés. L’autre partie au contraire , ouPanneau intérieur qui fait le contour de laprunelle , est très-mobiîe , & plus con-vexe que l’autre , de façon que ces deuxparties réunies ensemble , pourroientêtre comparées à la cornée réunie á lasclérotique. Quand la prunelle est très-dilatée , l’iris paroît par-tout égalementlarge , & la prunelle circulaire , mais quiredevient ovale en se rétrécissant. Maisce qui me paroît plus à remarquer, cesont certains tours de petites rides ou plisqui naissent & se forment dans l’iris , dansfa contraction. Ces rides dans les animauxdont la prunelle est ovale , fe formentparticulièrement au milieu de la largeurde l’iris & fur les confins des deux an-neaux , & entourant toujours le trou de