Band 
Tome vingt-neuvième.
Seite
170
JPEG-Download
 

170 RHO

ve, ce fleuve se perd , en tombant dansJa fente d’une roche qui a un quart delieue de long fur deux ou trois toises delarge , dans les endroits les plus étroits ,& fur vingt ou vingt-cinq toises de pro-fondeur. Au lieu des eaux du Rhône ,on voit fur cette fondrière un brouillardépais, formé par leur brisement contrele fond & les côtés de cette fente, danslaquelle ce fleuve coule avec beaucoup derapidité & de bruit.

Le lit du Rhône s’élargit ensuite aprèsqu’il est sorti de ce goufre , au pontd’Arlou , en sorte qu’à Seislel il est pres-que austi large que la Seine Test à Pa-ris ; c’est ici où il commence à porterdes bateaux.

11 reçoit diverses rivières considéra-bles, entr’autres , la Saône à Lyon ; li-séré , la Sorgue , la Durance , & se jettedans la mer de Provence ou golfe deLyon, à 10 lieues au midi d'Arles, pardeux principales embouchures , Tune âl’ouest , & í’autre à l’est, & qui ne sontséparées que par une petite île appelléeBauduf.

Ainsi le Rhône mouille plusieurs paysdans son cours , savoir , Geneve , le fortde la Cluse dit de Seissel dans le Bugey ,Vienne dans le Viennois, Lyon dans leLyonnois , Poumon en Vivarais , Mon-telimar dans le Valentinois , Mondragonen Provence, Avignon dans le comtat

RHO

Venaiffin , Beaucaire dans îe Languedoc,Tarascon dans la viguerie de ce nom,& Arles dans le diocèse d’Arles ; (/)le poisson qu’il produit est trôs-estimé,& on recueille de l’excellent vin fur sesbords.

Les savans bénédictins du Languedocsemblent avoir voulu enlever entière-ment le Rhône à la Provence ; mais M. deNicolas a tâché de prouver par de gran-des recherches , que la province du Lan-guedoc , loin de posséder en propre laportion du fleuve qui coule entre elle &la Provence , n’en peut prétendre la pro-priété , qui , selon lui , doit appartenirexclusivement à la Provence. Ceux quivoudroier.t acorder le différend , le par-tageraient par moitié entre les deux pro-vinces ; mais ce n'est pas ainsi qu’on dé-cide des faits. ( Le chevalier £>E Jau-COURT. )

RHOPALIQUES , f. m. ( Belles-Ltt-tres. ) c’étoit chez les anciens une fortede vers qui commençoient par un mono-syllabe , & qui continuoient par des motstous plus longs les uns que les autres ; ensorte que le second étoit plus long quele premier , & le troisième plus longque le second , & ainsi de suite jusqu’îHdernier.

Ils étoient ainsi nommés du grec foxittìt ,majsue , parce que ces vers étoient enquelque façon semblables à une maísue.

(a) Les anciens ont varié fur le nombre de ces bouches , comme fur celles de plusieurs auWfleuves, qui fe partagent en divers bras pour se rendre dans la mer. Polybe , selon Strabonnoit Timée d’en compter cinq , n’en reconnoissant que deux ; Artemidor en connoiffoit trois ; &Pline distingue en effet trois bouches par des noms particuliers. Lybica tippellantur duo Rhodani onmodica : ex hh alterum Histpanienfe , alterum Metapinum : tertium idemque amplifstmum MastalioticW'Marianus Capella en parleyde même ; Ptolomée ne distingue que deux embouchures , 1 occidentale&l’orientale; mais on peut regarder comme une troisième, bouche du Rhône, le canal qu’il P ren “pour celui de Marius , & qu’il indique avant que d’arriver à la bouche occidentale. Les changent®*arrivés dans les embouchures peuvent mettre de la difficulté à reconnoître les anciennes : un bras ffous le nom de Pajson , considérable il y a un siecle, avoit été abandonné huit ans avant qu’Hono®Bouche composât ía Chorographic , qui précede son Histoire de Provence , le fleuve setoit porte w®entier dans un autre canal, nommé Bras de fer y mais le Rhône a repris depuis fur la gauche, *forme auj’ourd’hui le canal des hosties. .

On peut retrouver le metapinum de Pline , dans la plage & la tour de Tanpan,: YOftiutn B'JfKnìenste , reculée vers l’Espagne , doit être la décharge du bras du Rhône , qui se détache ducanal, un peu au-deffus d’Arles , près de Fourques , qu on nomme le petit Rhône. Le MaM‘ oU ‘Qstium est la grande embouchure du côté de Marseille ; une branche par divers rameaux s’eít etdue jusqu’à Aigues-mortes ; l’issue de ce canal, qui d’Aigues-Mortes conduit à la met , &

Gras du Roi , fans doute à cause de Rembarquement de Saint Louis. L’òuverture qu’on a donsdans la me* au-tleslbus de Perçais, fe aoaiHiê k Gras-ntuf, gradus noyus.. ( C. )