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Son cœur tient le mien en sa tente ,tant & plus d.'un. ardent frisson.
Rime bátelée , c’est le nom qu’on don-ïioit autrefois au vers dont la fin rimoitavec le repos du vers suivant ; exemple :
Quand Neptune , puissant Dieu de la mer ,
Cessa d’armer Caraques & Gaides.
Rime brisée , cette rime pratiquée au-trefois , consistoit à construire des versde façon que les repos des vers rimassententr’eux , & qu’en les brisant ils fissentd’autres vers ; exemple :
De cœur parfait , chasse{ toute douleur ;
Soyei soigneux ; riusz de nulle feinte ;
Sans vilain fait entretenez douceur ;
Vaillant & preux , abandonne\ la feinte.
en brisant ces vers on lit :
De cœur parfaitSoyc\ soigneux ;
Sans vilain faitVaillant & preux ;
Chajsei toute douleur,ttusei de nulle feinte JEntretenez douceur,
Abandonnez la feinte.
RíME couronnée , la rime étoit cou-ronnée , lorsqu’elle se présentoir deux foisâ la fin de chaque vers ; exemple :
Ma blanche Colombelle , belle,
Souvent je vais priant , criant ;
Mais dessous la cordelle , cCelle ,
Me jette un uil friand , riant.
RíME emperìere , c’étoit le nom decelle qui au bout du vers frappoit l’o-reille jusqu’à trois fois.
Bénins leCleurs, trls-dilìgens, gens, gens,
Prenez en gré mes imparfaits, faits , faits.
Rime enchaînée ) c’est celle qui con-fisse à reprendre le dernier mot du versprécédent, pour en former le premier duvers suivant. Ce goût barbare en Poésiepassoit pour un art très - ingénieux. Onpeut juger du mérite de ce genre d’es-prit, autrefois si fêté , par l’exemple sui-vant , tiré des bigarrures du sieur desAccords :
Pour dire au tenu qui court ,
Cour est un périlleux passage ;
Pas sage ries qui va en cour ;
Cour est son bien & avantage ;
Rage est fa paix ; pleurs fes foulas ;
Las ! c est un tr'es-piteux ménage ,
Nage autre part pour tes ébats.
Cette rime est la même que la rimeannexée ou fraternisée.
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Rime équivoque. Nos anciens poètesfrançois se servoient quelquefois d’unemaniéré de rime qrfon appelle rime équi -*vaque , dans laquelle la derniere syllabede chaque vers est reprise en une autresignification, au commencement ou à lafin du vers qui fuit. Richelet en rap-porte í’exemple suivant :
En triébattant je fais rondeaux en rime,
Et en rimant bien souvent je nìenrime ,
Bref, c'est pitié entre nous rimailleurs,
Car vous trouvez asse[ de rime ailleurs ;
Et quand vous plaît, mieux que moi rimassez ,Des biens avc{, & de la rime assez, &c.
Marot est fauteur de ces vers bizarres ;c’étoit-là une gentillesse du goût de sonsiecle. Nous avons de la peine à conce-voir aujourd’hui quel sol on pouvoir trou-ver dans des productions si plates.
Ride fraternises , cette rime qui a biendu rapport avec la rime annexée , si ellen’est la même chose , consistoit , suivantnos anciens poètes, à répéter en entier ,ou en partie, le dernier mot d’un versau commencement du vers suivant ;exemple .-
Mets voiles au vent, cingle vers nous, CarcnjCar on t'attend, Sec.
Rime kirielle , elle consiste à ter-miner chaque couplet d’un petit poèmepar un méme vers :
Qui voudra savoir la pratiqueDe cette rime juridique,
Saura que bien mise en effet ,
La kirielle ainfi se faitDe plates, de syllabes huit ;
Use\-en donc fi bien vous duit,
Pottr faire le couplet parfait,
La kirielle ainfi fe fait.
On voit bien que cet exemple se ressentde l’origine barbare de la kirielle ; maiánous ne manquons pas de couplets dechansons ou elle est mise avec esprit.
Rime rétrograde , sous Charles VIIL& Louis XII. les poètes avoient mis lesrimes rétrogrades en vogue ; c’étoit lenom qu’on avoir donné aux vers, lorsi-qu’en les lisant à rebours, on y trouvoicencore la mesure & la rime , comme dansceux-ci; exemple:
Triomphamment cherchez honneurs & prix ,Désolez, cœurs médians, infortunésTerriblement êtes mocquez & pris.
H h z