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Lisez ces vers en remontant, vous trou-verez les mêmes rimes.
Prix & honneurs cherche { triomphamment , &c.
Rime fe'ne'e , on nommoit ainíï lesvers où tous les mots commençoient parla même lettre ; exemple :
Ardent amour, adorable Angélique.
Un poème dont tous les vers com-mençoient par une même lettre , s’ap-pelloit poème en rimes féhe'es.
RlME féminine , les vers qui finissentpar un mot dont la derniere syllabe apour voyelle un e muet , excepté dansles imparfaits charmaient , aimaient ; cesvers, dis-j e , ont une rime féminine , &on les appelle auílì vers féminins ; exemple:
Victoire ( ArmesGloire y Charmes
Dans la rime féminine , la restemblancedu son se tire de la pénultième syllabe ,parce que Ve muet ne se taisant pou,tsentir, n’est compté pour rien. Dans ledernier hémistiche des vers de rime fé-minine , il y a toujours une syllabe deplus que dans les vers masculins, qui estla syllabe formée par cet e muet.
Rime masculine , c’est lorsque la der-niere syllabe du dernier mot du vers necomprend point un e muet, qu’on nommeautrement e féminin ; exemple:
Fierté ") SoupirsBeauté J Defirs
Dans cette forte de rime , on ne con-sidère que la derniere syllabe pour laressemblance du son, & c’est: cette syl-labe qui fait la rime. Les mots qui ontun e ouvert rimeroient très-mal avecceux qui ont un e fermé â la dernieresyllabe ; ainsi enfer & étouffer feroientdes rimes vicieuses : il faut , autant qu’ilest possible , que les dernieres syllabes desdeux vers qui liment, se ressemblent par-faitement ; cependant on use d’indulgenceà cet égard quand le son de la.dernieresyllabe est plein, ou que les rimes sontrares.
Rime normande , on appelle ainsi desrimes qui ne se ressemblent que dans le son,ou de la maniéré de les écrire. Ces rimes
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quoiqu’autorisées par Pempîoi qu’en ontfait des poètes célébrés, paroissent tou-tefois très-vicieuses ; exemple:
Et quand avec transport je pense mapprocher,
De tout ce que les dieux m’ont laiffé de plus cher.
Rime redouble'e , Chapelle, (Claudel’Huillier ) éleve du célébré Gassendi,inspira le goût des rimes redoublées à l’abbéde Chaulieu , à ce qu’il nous dit lui—même:
Chapelle au milieu Eeux , ce maître qui m’apprit
Auson harmonieux de rimes redoublées,
L’art de chantier Voreille & d’amuser Vesprit,
Par la diversité de cent nobles idées.
Ces vers ont fait croire à bien de gensque Chapelle est le premier qui s’est servides rimes redoublées : mais c’est une er-reur ; d’Assoucy les employa long-temsavant lui , & même avec quelque succès,comme M. de Voltaire l’a remarqué.
Pourquoi donc, sexe au teint de rose,
Quand la charité vous imposeLa loi E aimer votre prochain,
Pouvefvous me haïr fans cause,
Moi qui ne vous fis jamais rien ?
Ah 1 pour mon bonheur je vois bien ,
Qu il faut vous faire quelque chose.
„ (D. J.
RlME riche , terme de Poésie pour mar-quer le degré de perfection dans cettepartie de vers.
l a rime féminine est riche , lorsqu’im-médiatement devant la pénultième voyelleou diphtongue , il y a une même lettredans les deux qui font la rime; exemple:
Victoire ì RebelleHistoire j isabelle
La rime masculine est riche , lorsqu’im-médiatement devant la derniere voyelleou diphtongue, il se trouve quelque lettresemblable dans les deux mots , commedans heureux , généreux.
RlME suffi)ante , la rime féminine estsuffisante, lorsque la pénultième voyelleou diphtongue avec tout ce qui la suit,rendent un même son dans les mots quiíont la rime ; exunple :
Belle, \ Victoire,
Infidelle. y Gloire.
La rime masculine est pareillement suf-fisante, lorsque la derniere voyelle oa