DU SYSTEME DU MONDE. 199observations, et assigner les r r raies valeurs des inégalités séculairesdes planètes, si l’on avoit exactement leurs masses ; mais nous 11econnoissons encore que celles des planètes accompagnées de satel-lites; les autres ne seront bien déterminées , que lorsque la suitedes temps aura suffisamment développé ces inégalités , pour enconclure avec précision la grandeur de ces masses. Alors, on pourraremonter par la pensée, aux changemens successifs que le systèmeplanétaire a éprouvés; on pourra prévoir ceux que les siècles àvenir offriront aux observateurs ; et le géomètre embrassera d’uncoup-d’œil, dans ses formules , tous les états passés et futurs de cesystème. Le tableau du chapitre v du second livre, renferme lesvariations séculaires qui résultent des valeurs assignées précédem-ment aux masses des planètes.
Ici, se présentent plusieurs questions intéressantes. Les ellipsesplanétaires ont-elles toujours été et seront-elles toujours, à-peu-près circulaires ? Quelques-unes des planètes n’ont-elles pas étéoriginairement des comètes dont les orbes ont peu à peu approchédu cercle, par l’attraction des autres planètes? La diminution del’obliquité de l’écliptique, continuera-t-elle au point de faire coïn-cider l’écliptique avec l’équateur, ce qui produiroit l’égalité cons-tante des jours et des nuits, sur toute la terre. L’analyse répond àces questions, d’une manière satisfaisante. Je suis parvenu àdémontrer que, quelles que soient les masses des planètes, par celaseul qu’elles se meuvent toutes dans le même sens, et dans desorbes peu excentriques et peu inclinés les uns aux autres; leursinégalités séculaires sont périodiques et renfermées dans d’étroiteslimites, en sorte que le système planétaire ne fait qu’osciller autourd’un état moyen dont il ne s’écarte jamais que d’une très-petitequantité. Les ellipses des planètes ont donc toujours été et seronttoujours, presque circulaires; d’où il suit qu’aucune planète n’aété primitivement une comète, du moins, si l’on 11’a égai’d qu’àl’action mutuelle des corps du système planétaire. L’écliptique necoïncidera jamais avec l’équateur, et l’étendue entière des varia-tions de son inclinaison, ne peut pas excéder trois degrés.
Les mouvemens des orbes planétaires et des étoiles, embarrasse-ront, un jour, les astronomes, lorsqu’ils chercheront à comparer des