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à ceux qui sont reconnus pour légitimes ,on voit une liaison dans tous les principes,dans les conséquences , qui met le sceauà la gloire. C’est dans ces livresque nousavons puiíé l’extrait que nous venons d’endonner.
Diodes de Caryste, chef de la secte dog-matique , qui mérite le titre de second Hip-pocrate , suivit à-peu-près les maximes dece grand homme, ll faisoit usage de la sai-gnée , au rapport de Cœlius Aurélianus,dans les inflammations de la poitrine , dela gorge & du bas-ventre, dans les hémor-ragies , l’épilepsie , la phrénésie ; pourvuque ce fût avant le sept ou huitième jour ,que le sujet fût jeune & robuste, & quel’ivresse 11 ’en fût pas cause. On sera cepen-dant surpris de voir qu'il la prescrivoit con-tre les skirrhes du foie, & pour guérir ceuxque Cadius appelle lieneux, dont les symptô-mes ne nous paraissent point dissérer de ceuxdu scorbut.
Chryíîpe, médecin de Gnide , voulant sefrayer une nouvelle route qui pût illustrerson nom , chercha à renverser ce que l’au-torité & ^expérience des siécles précédensavoient appris en faveur de la saignée, llsoutint ses maximes par une éloquence tou-jours séduisante pour le peuple ; il forma desdisciples qui prêchèrent la même doctrine ,entre lesquels on doit donner le premierrang à Erasistrate. Ce médecin , fameux parla guérison d’Antiochus, & par les décou-vertes qu’il fit en anatomie , proscrivoit lasaignée de sa pratique ( íì on excepte les hé-morragies ) , dans le cas même, où de touttemps on s’cn étoit fait une loi. ll y sup-pléoit par les ligatures des extrémités, lasévérité de la diete, & un grand nombre derelâchans d’évacuans par les selles , oupar le vomissement. On connoît peu la pra-tique d’Hérophile son contemporain, & sonémule en anatomie ; mais on fait que sesprincipes poussés trop loin , porterent Séra-pion & Philinus à croire que l’expériencefeule devoir être la réglé des médecins. Ilsdevinrent par-là les chefs de la secte des em-piriques, qui saignoient leurs malades dansle cas d’inflammation , spécialement danscelle de la gorge. Ils étoient cependant engénéral avares de sang ; aussi avoient-ilssuccédé à Chrysippe & à Erasistrate. Héra-
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clide Tarsntin , le plus recommandabîe dcâempiriques , s’éloigna encore plus que lesprécédens du sentiment des fondateurs deía secte ; non-seulement il faíloit saignerles épileptiques, les cynanciques, les phré-nétiques , 6 ’c. mais encore les goitreux,& ceux qui étoient en syncope ( les car-diaques ) , ce que nous qui ne sommesattachés à aucune secte n’oserions faire.On voit par - là que la prétendue expé-rience peut conduire dans des excès bienopposés.
Les erreurs d’Asclépiade , qui exerça lamédecine à Rome avec un succès exagéré ,furent encore plus grandes au sujet de lasaignée. Ce médecin ne suivoit d’autte réglépour tirer du sang, que la douleur , les con-vulsions & les hémorragies. Il s’interdisoitla saignée dans la phrénésie 8c la péripneu-monie , lorsqu’il ne trouvoit que des dou-leurs fossiles. En revanche, il la pratiquoit,à limitation d’Héraclide , dans ceux quiétoient en syncope. Il observa que la saignéeétoit plus avantageuse contre la pleurésiedans l’Helleípont & file de Paras , qu’àRome & à Athènes. Ses principes conduisi-rent Thémiíon son disciple à être le chef desa secte des méthodiques. Ce médecin fati-gué , fans doute , de la multitude des cau-ses de maladie,. des remedes que les dogma-tiques & les empiriques mettoient en prati-que , voulut réduire la médecine à une sim-plicité plus dangereuse que vraie. Toutes lesmaladies furent divisées en trois clasies ;celles du genre resserré , celles du genre re-lâché , & celles du genre moyen. Il n’existoitpoint, selon eux, de maladies de fluides. Lessolides seuls par leur relâchement ou leurresserrement, produisoient toutes ses mala-dies. Le siégé faisoit la différence des symp-tômes. On sent déja qu’ilsne saignoient quepour relâcher; c’étoit en esset leur uniquevue : ces maximes trouvèrent des partisanspendant trois ou quatre siécles ; mais enfinleur insuffisance fit qu’on ne les admit plus.que pour ce qu’elles valoient. Gariopontusfit des efforts inutiles en leur faveur aumilieu du xj siecle. On n en parloir plusqu’historiquement, jusqu’à ce que ProsperAlpin voulut, mais inutilement, rétablircette ancienne doctrine.
Pour juger de la pratique des anciens me-