686 S A I
Oribase , compilateur de Galien , suività-peu-près les mêmes réglés dans fa prati-que. Il interdisoit, comme lui , la saignéeavant la puberté. Il préféroit d’y revenirpluíieurs sois , à tirer tout le sang nécessairedans une feule , fur-tout lorsque le maladectoit foible. Il vouloir que le médecin tînt lepouls , pendant que le sang couloir, craintequ'il ne pérît dans la défaillance que cause-roit une trop grande évacuation. Il vouloirencore que son saignât pendant que bitu-ment est mue. Il se servoit plus souventqu’aucun de ses prédécesseurs, de la saignéeprophylactique , dans ceux qui font sujetsaux maladies qui l’exigent ; c'étoit sur-toutà feutrée du printemps que ces saignéesavoient lieu. U porta la quantité de sangqu’on doit tirer la premiere fois à une dé-mine ( dix ou douze onces ) au plus; li lesforces le permettent, on peut baugmenterà la íeconde. Il ne s'cst cependant pas telle-ment attaché à ces mesures, qu'il ne re-commande plníìeurs atfèntions très-sages.Il ouvroít toutes les veines du corps, &quoiqu il fit, comme Galien, certain choixdes veines , dont notre théorie ne s’accom-mode pas , il recommande expressémentd'ouvrir la plus voisine de la partie affectée,ou sur la partie même. Spécialement dansles inflammations invétérées on peut, selonlui, saigner à toute heure du jour ou de lanuit., mais il faut attendre le déclin de latìevre ; & fl la saignée nYll que de précau-tion , on la fera le matin. II parle de l'ar-teriotomie en médecin qui ne ba jamaispratiquée ni vu faire. Antyllus, Hérodote ,ik sur-tout Galien , sont ses guides danstout ce qu'il dit au íujet de la saignée.', il n’aparu meme à plusieurs médecins, qu’un co-piste de ce dernier.
Aëtius a mérité, à plus juste titre enco-re , d erre appelle le copiste d’Oribafe &des auteurs précédens. Nous n’avons pastrouvé dans les ouvrages de ce médecin,un seul mot au sujet de la saignée , quinous ait paru lui être propre ; ce quinous force de palier rapidement fur fapratique.
Alexandre de Tralîes employoit la saignéecontre toutes les inflammations, & contrela syncope que produit dans les fièvres , laplénitude d'humeurs crues, à-moins que
S A I
cette humeur ne fût bilieuse ; car dans cecas il préféroit la purgation. Il saignoit lesveines les plus voisines du mal, la jugulaire& les ran.ines dans l'eíquinancie. Il parle dela dérivation qu'il pratiquoit en ouvrant lasaphene , pour procurer le flux menstruelaux femmes.
Paul dYfïgine est le premier qui ait divisela pléthore en celle qui est aJ vires , & cellequi est ad vasa. Il donne les lignes pour con-noître l'une & l'autre, & veut qu’on saignedans toutes les deux jusques après le septiè-me jour. Avant de saigner il faut vuider lespremieres voies par un lavement, s’il y a dela pourriture dans les intestins. Quant autemps de la pratiquer, il préféré le matin ,& défend , comme la plupart de les prédé-cesseurs , la saignée dans l’ardeur du redou-blement. Il observe qu’elíe est utile , non-seulement pour désemplir les vaisseaux,mais encore pour diminuer la grandeur dela maladie. Si le malade tombe en défail-lance, ■& que cependant il soit dans le casde perdre beaucoup de sang, on y reviendraplusieurs fois, plutôt que de tout tirer dansune ; tout ce qu'il dit d'ailleurs est copié, oucontient des préceptes fur le choix des vei-nes , & la maniéré de pratiquer la saignée eudifférentes parties du corps.
Après Paul d'Asgine, la Médecine paroîtabandonnée par les Grecs, pour passer entreles mains des Arabes, qui failoient plusd’une conquête fur eux. Ils joignirent quel-ques remedes ou des méthodes qui leurétoient propres , à la doctrine des Grecs qu'ilscompilèrent. C'est ainsi qu'ils crurent recon-noître avec eux dans la veine céphalique unecommunication avec le cerveau ; dans labasilique., avec le bas-ventre. C'est ainsiqu'ils ouvrirent presque toutes les veines ex-térieures du corps , dans les différentes af-fections ; qu'ils saignaient au pié , pourexciter les réglés & les hemorrhoïdes. Ilss’en écartèrent cependant dans un point quia paru essentiel à Brííïot & à Moreau. Lomde faire saigner comme les Grecs , le plusprès du mal qu’il étoit possible , ils íai-gnoient du côté opposé , dans l'idée où ilsétoient qu'on n'ouvroit point une veine ,fans attirer fur la partie saignée une plusgrande quantité de sang , qu'il n'en sortoit.Isaac-Israéiite , Avenzoar , Rhazis pe»-