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la semence qui n’est pas propre à germer, ilne faut pas manquer d’en semer à part unepetite quantité pour l'éprouver.
On ne doit pas semer cette graine à plusd'un demi-pouce de profondeur , sur-toutdans les terres fortes ; car comme les lobesde la semence, qui est grosse, doivent percerla terre pour former les feuilles similaires,que d'autres nomment feuilles séminales , ilarrive souvent qu’ils ont trop de peine à sedégager de la terre. Alors il n'y a que la tigequi se montre en forme d’anneau, &c laplante périt.
Comme le sainfoin est plusieurs annéesavant de donner un produit considérable,on a coutume, pour tirer un profit de laterre, de semer avec la graine de sainfoin ,du trèfle, de l'orge, de l’avoine, ùc. L'orge& l'avoine n'occupant pas long-temps laterre, ces grains font peu de tort au sainfoin;mais les plantes vivaces , comme le trefle ,lui en font beaucoup.
Dans les années seches, il arrive souventque quand on a fauché l'orge ou l'avoine,on n’apperçoit pas de sainfoin. Néanmoinsen y regardant de près, on voit ordinaire-ment des filets blancs qui indiquent que lesainfoin a levé, mais que les feuilles quiétoient fort menues, ont été fauchées avecl'orge ou l'avoine.
Si les grains qu'on semé ave le sainfoinfont drus, s'ils ont poussé avec vigueur, &sur-tbut s'ils ont versé , il arrive ordinaire-ment que le sainfoin est étouffé : mais cetaccident arrivera rarement, si on le semésuivant la nouvelle méthode de Tull ; carcomme on semé le sain foin dans des rangéesséparées de celles du blé, de l'orge, C-c. ilcourt moins de risque d'être étouffé. 11 fautcependant convenir qu'il réussit toujoursmieux quand il est semé seul.
Quand M. Tull commença à cultiver dusainfoin , suivant sa méthode , il employoitdeux gallons de semence, ou un peu plus dedeux tiers de notre boisseau de Paris, pourun acre de terre. Mais étant arrivé par acci-dent , que presque toute la semence qu'ilavo:t mile en terre étoit périe dans un acreou deux de terrain, qu'il avoit semé troptard, ii set agréablement surpris de voir aubout de trois ans quelques piés de sainfoind'une grosseur extraordinaire , qui étoientTome XXIX.
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restés çà & là à une relie distance , qu’il n’yen avoir qu'environ quatre piés dans uneverge de terre quarrée : de forte que cettepartie de son champ lui fournit le doubled’herbe que le reste où la semence n'avoitì pas péri, & où le sainfoin étoit beaucoupmeilleur que dans les terres qui avoient étésemées à l’ordinaire.
M. Tull conclut de-là, qu’il est avanta-geux de semer le sainfoin fort clair , pourque les racines d’un pié ne nuisent pas àcelles d’un autre ; & ils pensent que ceux-là.se trompent qui sement leur sainfoin fortdru , dans l’eipérance de se procurer uneabondante récolte , puisqu’ils réduisent leursainfoin dans le même état où il est sur leshauteurs de la Calabre auprès de Croto, oùcette plante vient naturellement fans aucuneculture, mais où elle est si basse & si ché-tive , qu'on a peine à s’imaginer ce qui a pudéterminer à la cultiver.
M. Tull appuie son sentiment sur uneobservation qu’il est bon de rapporter. Il ditqu’un champ de sainfoin aboutissent sur uneterre qu'on labourait pour la mettre en blé,avoir été fort endommagé par les charrues,qui ayant çà & là entamé sor le sainfoin , enavoir beaucoup arraché ; mais que le dom-mage n’étoit qu'apparent , puisque cettepartie du champ avoir dans la fuite produitplus d’herbe que les autres.
Il paraît que notre auteur pense qu’ungallon , ou très-peu plus du tiers de notreboisseau de Paris, de bonne semence suffitpour un acre de terre ; mais il faut que cettesemence soit bien également distribuée par-tout , de sorte qu’il reste entre chaque piéde sainfoin , des espaces à-peu-près égaux :c'est ce qu'on peut faire avec le nouveausemoir de son invention, & non autrement.
Il ne faut pas craindre de diminuer la récolteen diminuant le nombre des plantes ; car leproduit d'une seule plante bien cultivée pas-sera une demi-livre. Ainsi , lorsqu’il y aura112 plantes dans une perche quarrée, quandon supposerait que chaque plante, l'uneportant l'autre, ne produirait qu’un quartde livre de foin, on aura néanmoins 28livres de foin par perche quarrée. On nes’attendroit pas à une récolte auíïï considé-rable ; quand les plantes font encore jeunes& petites, elles ne couvrent pas la terre, ôcX xxx