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il semble que la plus grande partie du champreste inutile ; mais quand les plantes fontparvenues à leur grandeur, elles couvrenttoute la terre. Il y a encore un avantagequ'on ne sautoir retirer de la nouvelle cul-ture ; c'est que fi le sainfoin cultivé a été seméde bonne heure , il commencera dès la se-conde année à fournir une petite récolte quiégale celle de la troisième année du sainfoinordinaire.
De plus, M. Tull assure que le sainfoin ,cultivé suivant ses principes, plaît aux bes-tiaux , parce que les bestiaux mangent parpréférence les herbes qui font crues avec plusde force & de vigueur. Il est pourtant avéréque les bestiaux prtferent l'herbe fine à cellequi est grosie : or le sainfoin qui est cultivésuivant la nouvelle méthode, doit être fortgros.
Quoi qu'il en soit, sauteur conclut de sesexpériences, r°. que si l'on íeme du sainfoindans le dellein de le cultiver avec la nouvellecharrue , la façon la plus convenable est dele semer en deux rangées parallèles, quisoient éloignées l’une de l’autre de 8 pouces,& de donner 30 ou 31 pouces de largeuraux plates- bandes ; de forte qu'il doit y avoirquatre piés du milieu d'un sillon au milieud'un autre.
z°. Si l'on íeme du sainfoin dans l’inten-tion de le cultiver à main avec la houe , ilconvient de mettre 1 6 pouces d'intervaileentre les rangs, & qu'il y ait dans les rangsau moins S pouces de distance d'un pié àl'aurre.
3 0 . Si l'on seme du sainfoin dans l'inten-tion de ne point le labourer , il faut mettreles rangées à 8 pouces les unes des autres ;
faire en forte de ne pas employer plus desemence que quand on laiste 16 pouces entreles rangs ; car il faut que chaque pié de sain-foin ait aflez d'espace autour de lui pourétendre ses racines, & tirer la substance quilui est nécessaire , sans être incommodé parles piés voisins.
Le sainfoin s'accommode de preíque toutesfortes de terres , excepté des marécageuses ;mais il vient mieux daus les bonnes terresque dans les maigres , & il se plaît singu-lièrement dans les terres qui ont beaucoupde fond.
Qgoique cette plante ne soit pas délica-
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te, il ne faut pas s'imaginer qu’on soit dis-pensé de bien labourer la terre où on doitla semer. Au contraire , comme immédia-tement après fa germination elle jette quan-tité de racines en terre , il est bon qu'elle latrouve bien labourée , & le plus profondé-ment qu'il est possible.
On peut semer le sainfoin dans toutes lesfaisons de l’année ; mais quand on le semeen automne , il y a à craindre qu’il ne soitendommagé par les gelées. Si on le íemel'été , il arrive souvent que la graine restelong-temps en terre fans germer ; óu sielle leve , la sécheresse ordinaire dans cettesaison, fait languir les jeunes plantes. Ainsi,le mieux est de íemer le sainfoin au prin-temps , quand les grandes gelées ne sont plusà craindre.
Nous avons dit qu'il convenoit de semerle sainfoin par rangées , deux à deux , quisoient écartées les unes des autres de 8pouces , & de laiíièr 3 o ou 31 pouces d’in-tervalle entre chaque deux rangées; enfinqu'il convenoit de faire ensorte que dansla longueur des rangées, les piés du sainfoinsustent éloignés les uns des autres de huitpouces.- 11 fèroit difficile de remplir toutesces vues en grand , fans le secours du nou-veau semoir.
On peut encore , au moyen de cet ins-trument , placer les grains dans le fonddes petits sillons qui sont ouverts par lessocs du íemoir , & ne les recouvrir que dela petite quantité de terre qu'on soit êtreconvenable. Par ce moyen la jeune plantefe .trouve au fond d'une petite rigole , cequi est fort avantageux , non-feulement àcause de l’eau qui s'y ramassé ; mais enco-re , parce que cette rigole se remplissantdans la fuite , la plante se trouve rehausséepar de nouvelle terre.
Il ne sera pas nécessaire de labourer tousles intervalles à la fois, mais tantôt les uns,tantôt les autres ; de cette façon l'on nekboureroit qu’une cinquième partie cie ter-rain , ensorte que le sainfoin pouxra sub-sister trente ans dans une même terre , cequi la rendra bien plus propre à recevoir lesautres grains qu'on y voudra mettre dans la.fuite.
Le sainfoin mérite bien qu'on donne des-soins à so culture > car c’est. assurément une: