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Tome vingt-neuvième.
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des plus profitables plantes qu’on puìfse cul-tiver. La luzerne ne,peut venir que dans lesterres fraîches, humides, & très-íubstantiel-les. Le trefle ne réussit que dans les bonnesterres ; au lieu que le sainfoin Raccommodede toutes fortes de terres ; & quoiqu’ii vien-ne mieux dans les unes que dans les autres,il subsiste dans les plus mauvaises.

Le sainfoin a cet avantage fur les prés or-dinaires , qu'il fournit beaucoup plus d’her-be. Outre cela , on parvient plus fréquem-ment à le sauner à propos ; car le pois debrebis, la vefce, la luzerne , le trefle , &même les foins ordinaires , doivent êtrefauchés, quand ces différentes plantes lontparvenues à leur maturité ; si l'on différait,on courroit risque de tout perdre : que letemps soit à la pluie ou non , il faut lesfaucher , au risque de voir l'herbe pourrirsur le champ, si la pluie continue. Il n'enest pas de même du sainfoin ; car on peut lefaucher en différens états avec un profitpreíqu'égal.

i°. On peut faucher le sainfoin avant queles fleurs soient du tout épanouies. Alorson a un fourrage fin qui est admirable pourles bêtes à cornes ; & ces sainfoins fauchésde bonne heure, fournissent un beau regainqui dédommage amplement de ce qu'on aperdu , en ne laissant pas parvenir la planteà toute fa longueur.

M. Tull prétend même que ce fourrageest si bon , qu'on peut se dispenser de don-ner de l'avoine aux chevaux, quand on leurfournit de cette nourriture. 11 assure qu'il aentretenu pendant toute une année un atte-lage de chevaux en bon état, en ne leurdonnant que de ce foin , quoiqu'ils fussentoccupés à des travaux pénibles. Il ajoutequ'il a engraisse des moutons avec la mêmenourriture,plus promptementqueceuxqu'onnourrissent avec du grain. Mais on ne peutavoir de ce bon foin, que quand on le cul-tive suivant sa méthode : l'autre monte enfleur presqu'au sortir de terre.

í° Si le temps est dispose à la pluie , onpeut diff'rcr à faucher le sainfoin quand ilest en fleur. Ce fourrage est encore fort bonpour les vaches, mais il faut prendre gardeen le fannant de faire tomber la fleur , carles bestiaux en font très-friands, & cette par-

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tìe qui se détache aisément, les engage àmanger le reste.

3 0 . Si la pluie continue , on peut laisserle sainfoin sur pié , jusqu'à ce qu'il soitentre fleur &c graine. Alors la récolte estplus abondante ; non-seulement parce quela plante est parvenue à toute fa grandeur,mais encore parce que l’herbe étant mieuxformée , elle diminue moins en se séchant»Il est vrai que le fourrage 11'est pas si déli-cat ; mais les chevaux s’en accommodentbien , parce qu'il s aiment à trouver fous ladent les graines de sainfoin qui commencentà se former.

4°. Si le temps continue à être à la pluie,plutôt que de s’exposer à voir pourrir furterre son sainfoin , il vaut mieux le laissersur pié. Car la graine mûrit & dédommagéen bonne partie de la perte du fourrage Jnon-seulement parce que cette graine peutse vendre à ceux qui veulent semer du sain-foin , mais encore parce que deux bqiflêauxde cette graine nourrissent aussi-bien les che-vaux que trois boisseaux d’avoíne : & gé-néralement tous les bestiaux en font trés-sriands, aussi-bien que les volailles.

Lorsque la paille de ce sainfoin qui afourni de la graine a été serrée à propos ,elle peut encore servir de fourrage au grosbétail. Ils la préfèrent au gros foin deprés bas , & à la paille du froment ; maispour qu'ils la mangent bien , il la fauthacher à-peu-près comme on fait la pailleen Espagne , ou la battre avec des maillets,comme on fait le jonc marin dans quelquesprovinces.

Il nous reste à dire quelque chose de lafaçon de fanner le sainfoin. La faux le rangepar des efpeccs de bandes , qu'on nommedes ondins, parce qu’on les compare auxondes qui se forment fur l’eau. Dans letemps de hâle, le dessus des ondins est sec ,un ou deux jours après qu'il a été fauché.Lorsqu'il est en cet état, le matin après quela rofëe a été dissipée , on retourne les on-dins l'un vers l’autre. Cette opération se faitassiez vîte , en passant un bâton fous lesondins pour lesrenverser.

On les renverse l’un vers l’autre , pourque les deux ondins se trouvent fur la par-tie du champ qui n’a pas été labourée ,& pour qu’il y ait moins de foin perdu ;

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