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une continuelle allarme depuis long-temps,leur avoient donné ce nom de la mêmemaniéré que nous avons appelle des cou-reurs , des chevau-légers, des volontaires,des dragons & des enfans perdus, qui nefont autre chose que des noms de guerreallìgnés à certaines fonctions : aussi ne leuraslìgne-t-on point, dans F histoire , aucunautre pays que celui qu’ils venoient d’occu-per ; parce que c’étoit au sujet de ces irrup-tions qu’on les appelloit Saliens , & que horsces irruptions c’étoient des Francs comme lesautres.
Julien lui-même, écrivant de son expédi-tion aux Athéniens, dit : je reçus à compo-sition un certain nombre de Saliens , &íchaílai les Chamaves. Libanius leur donnele même nom dans Fo raison funebte deJulien. Il dit encore qu’ils lui dernanderentdes terres pour habiter, & qiFil leur en ac-corda prudemment pour les acquérir, Scpour opposer dorénavant les Barbares auxBarbares : si-bien que d’ennenais, il en fitdes alliés ; c’est de-là íans doute que Boncommença à avoir des cohortes Saliennes auservice de Fempire, distinguées par les nomsde Saliì feniores Sc de Salii juniores. Or, quele nom de Saliens leur ait été donné dsalien-do, à cause de leurs courses, cela paroît parces vers de Sidonius Apollinaris , óù je mecontente de trouver Salins pede , fans encrertrop avant dans le dessein du poëte.
------ Vincitur Mie
Cursu Herulus , Charnus j aculis, Francusquenotatu ,
Sauromatce clypeo , Salius pede , falceGelonus.
Les voici anpellés Saliens à cause de leursirruptions -, Sc voici une marque de cesirruptions dans le même Ammian Marcellinqui dit, fous Fan trois cent cinquante-sept,que Julien ayant appris que les Saliens s’é-tant prévalus de Foccasion de Fabsence deles troupes, pour courir le pays d’Utrecht &de Juliers au nombre de six cens hommes ,il marcha comte eux , & les tint assiégésFefpace de deux mois dans deux châteauxoù ils s’étoient retirés : la faim & la miserequ’its souffrirent dans ces lieux , mal munisde ce qui* éccit nécessaire à un siégé, Sc la
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fatigue d’une défense continuelle, les ayantobligés à se rendre, il les envoya pour marquede fa victoire à Fempereur Constance , le-quel surpris de leur bonne mine, rompit lesliens de leur captivité Sc les enrôla dans sestroupes ; Sc je crois que ce font ceux-là qtFonappelle les vieux Saliens , parce qustls furentles premiers admis au service de Fempire.
La réputation de ces Saliens , ainsi nom-més par les Romains, en établit plutôt lenom que de Féteindre parmi les autresFrancs, qui continuèrent fous le même nomla garde des frontières de leur pays, Sc dontla milice croisant toujours, selon les occa-sions qui se présentoient pour leur défense ,ou pour faire de nouvelles entreprises fur lesGaules, fit enfin dépendre le salut Sc f hon-neur de la nation Franque de ces Saliens. Onles estimoit si bien les plus nobles de touá lesFrancs , que àst ce qui a fait dire à Othonévêque de Friíenguen, en ía chronique, queles plus nobles des Francs croient appellesSaliques, & que la loi falique éioit pour lesnobles.
Tout cela est fort considérable pour ladignité de la nation Françoise: car il s’ensuicde-là nécessairement que ce furent ces Sa-liens , les plus nobles des Francs, qui chassè-rent les Romains de la Gaule , & y établi-rent la loi, à cause tFeux appellée lalique.En effet, ce ne fut point toute la nationFrançoise qui entreprit cette conquête ; cefurent les seuls Saliens, que j'estime y avoirété invités par ceux que la notice de Fempireappelle Salii Gallicani, Saliens Gaulois,dont Forigine ne peut se rapporter qu’à cettepartie des Saliens vaincus ou plutôt surprisen Hollande, Fan trois cent cinquanre-sepr,& transférés par Juliçn fur la rive des Pays-Bas, pour les opposer aux autres Saliens ,par la nécessité de garder les terres qu’il leurdonna.
Les Romains en avoient déjà usé de mê-me en faveur d’une précédente efpcce deSaliens parmi les Francs, auxquels ils avoientdonné des terres à habiter dans la FlandresSc fur les frontières de la Gaule, asm de lesavoir pour amis , ôC-pour fe servir de leurvaleur dans les cohortes qifils appelloientdes alliés; car c’étoit une nation courageuse,qu’il falloir néceslàirement avoir pour amieou pour ennemie, telle que sut depuis celle