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commence quelquefois à saler au mois demai , mais c’est ordinairement au mois dejuin, ce qui dure jufqu’à la fin de septem-bre, quelquefois même jufqu’au io ou aui j octobre, mais cela est rare. Dans toutesles matines qui font ordinairement au pleinSc au renouvellement de la lune, on fe íertdu gros de la mer qui est environ troisjours avant ou après le plein, pour recevoirde l’eau ; les matines qui font faites defaçon que les marées font à trois pieds Scdemi au dessus du mort de l’eau, manquentordinairement au mois de juillet, tant parla faute des sauniers, que par la mauvaiseconstruction des jas.
On connoît que le sel fe forme quandl’eau rougit ; c’est en cet état qu’étant ré-chauffé par le soleil & par le vent, il fecrème de l’épaiíleur du verre : alors on lecasse , il va au fond , & c’est ce qu’onnomme le braser ; il s’y forme en grainsgros comme des pois , pour lors on Rap-proche de la vie avec le rouable qui sert ànettoyer le marais ; ensuite on prend l’ou-til qui fe nomme le servion : il ne différédu rouable qu’en ce qu’il est un peu pluspenché , & qu’il a le manche plus court.On s’en sert pour mettre le sel en pile furla vie ; Sc lorsque le marais est tiré d’unbout à l’autre, on le porte fur les piles oupilots faits en cône ; il y a aussi des pilesqui font ovales par le pied , & qui vont endiminuant par le haut, ces piles fe nom-ment vaches de sel. A mesure qu’on tire lesel sur la vie, on garnit les aires de nouvelleeau, pour la préparer à saler. Quand unmarais commence à saler , il ne donne dusel que tous les huit jours ; Sc lorfqu’ils’échautfe, on en tire deux 8 c trois foispar semaine : il s’en est vu même , maiscela est rare , d’où l’on en tiroit tous lesjours.
Il est bon d'obferver que quand un ma -rais est en train de saler, ou trop échauffeà saler , Sc qu’il paflè des nuages qui don-nent un brouillard un peu fort, le maraisen skie beaucoup plus , parce qu’il anime lafole du marais ; & quand il ne mouillepas , on raffraîchit le marms par les fauxgourmas, ce qui empêche que l’eau daias facourse ne fe refroidisse; on abrégé en ou-tre son chemin par de petits canaux qui
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vîennent de la table au muant , ils fontrangés de distance en distance , commeceux que l’on nomme faux gourmas : onfait au muant comme on a fait aux aires,avec le piquet Sc la palette, pour mettre lesel fur la pille ; on fe sert pour cela d’unfie garni de paille ; on le nomme boureau.Un homme le met fur ses épaulés , un se-cond tenant deux morceaux de bois ou deplanche , nommés feaugeoire , longs de 8pouces , fur i de large , avec une poignée,s’en sert pour emplir le pannicr, Sc le metfur le dos de celui qui a le sac ; celui-cicourt toujours, Sc monte fur la pile. Quandil sale beaucoup, ces gens font tourmentéspar un mal qui leur vient aux pieds, &que l’on nomme seaunerons ; mais il n’estpa^ dangereux , quoiqu’il cause de vivesdouleurs ; il leur survient encore des cre-vasses en divers endroits des mains. Quandon veut avoir du sel à l’ufage de la table ,on leve la crème qui fe forme fur l’eau ; cesel est d’un grain très-fin , Sc blanc commede la neige.
Lorfqu’il ne sale plus, on laboure Sc onensemence les terres : cet ouvrage fe fait àbras, parce qu’on ne peut le faire autre-ment. Dans l’ufage du marais, on fe sertd’un outil appellé ferrée , que le sauniernomme la clé du marais , parce qu’effecti-vement c’est l’instrument le plus utile à faconstruction. Il est d’égale grosseur d’unbout à l’autre, Sc de plus il a des pointesà l’un de ses bouts qui vont en s’élargiísant ;voilà sa vraie forme, Sc non celles que desauteurs diíférens de plans de marais lui ontdonné. On doit remarquer encore qu’ilsont mis leur échelle de 100 toises, quoi-qu’elle ne soit que de ? $ toises 4 pieds ;en outre, fur le plan, ils prennent la fossedu gourmas, pour le jas ou jars ; ils posentla vareigne où elle ne peut être ; ils mettentun chenal à l’autre bout àu marais, & c’estcelui qui doit répondre à l’écluíè qui va aujas. Ces auteurs ont été mal instruits, bail-leurs tout leur marais est fort bon en corri-geant ces foutes d’explication. De plus ilsfont encore voir le bout du braílòur ouvertcn correspondance des aires , ce qui n’estpas ; c’est avec le piquet que l’on commu-nique l’eau, comme je l’ai dit ailleurs ; facoupe ne doit avoir que j pouces au plus