796 $ A L
midi ; on ne peut être trop prompt à havclerou relever les ételées.
Quand les sauniers veulent faire leur eaude sel, ils prennent au gros monceau lefable que l’on met dans les fosses , quifont de petits creux ronds d’environ deuxpieds & demi de diamettre, profonds de j ia 14 pouces au plus ; le fond de ces sosies estcimenté de glaise 8c de foin haché , pourque l’eau qui coule dessus ne fe dévoie point,mais quelle tombe directement dans letuyau qui conduit de chaque fosse au canaldu réservoir , qui est la tonée de la saline ;au tour du fond il y a de petites jentes oudouvelles de hêtre d’un pouce de haut, quientourent le fond de la fosse, 8c fur lesquelsíont placées des douves à deux chameaux,éloignés l’un de l’autre au plus d’une ligne ;on place fur les douves du glu de l’épaisseurd’environ un pouce , fur quoi on met lefable que l’on repasse en l’unissant autantqu’il est possible.
Quand la sosie est ainsi préparée 8c pleinede fable , on prend dans un tonneau enfouià portée des folles, de l’eau que l’on aurée du fable précédent de la secondemouillée, c’est- à-dire , des labiés que l’ona rechargé après que la premiere propre àfaire le sel en a été tirée.
On charge les sosies ordinairement deuxfois par jour ; la premiere eau , qui est lafranche saumure, où la bonne eau est quel-quefois 4 à 6 heures à passer, suivant quele fable est bien uni 8c fort pressé, aprèsquoi on appelle du relai la seconde eauque l’on fait palier sur le même fable desfolles , 8c qui devient la bonne eau ausaunier des premieres fosses que l’on re-charge ensuite ; l’eau filtre ainsi au traversdu glu du fond des fosses, autant de jourcomme de nuit.
II faut pour faire toutes les préparationstm temps sec 8c chaud ; car on ne peuttravailler aux greves, 8c ramasser le fableíàns soleil & lans chaleur. Les sauniers fontdu íel toute l’année lorsqu’ils ont provisionde sable ; mais on n’en ramasse ordinaire-ment que depuis le commencement de maijusqu a la fin d’aoíìt, suivant que la lai Ionest favorable.
On a dit que la premiere eau est la vraiesaumure ; elle coule directement par les
S A L
canaux de chaque fosse dans le tonneau dela saline, qui est placé à côté des fourneaux;quand on fait le relai ou la seconde eau ,on perce le tuyau pour que cette eau netombe que dans le tonneau du relai voisindes fosses ; les pluies , comme on le peutvoir , font beaucoup de tort à celte manu-facture ; elles détruisent aussi les havelées& ételées des greves, qui font ainsi entière-»ment perdues.
Quand on a tiré la saumure 8c le relai desgreves , qui font dans les sosies , il nereste plus qu’une eípece de vase que lessauniers rejettent, 8c que la marée rem-porte.
Pour vérifier si la saumure est bonne 8csorte , on a une petite balle de plomb ,grosie au plus comme une poste à loup ,couverte de cire , qui la rend grossie commeune balle de mousquet ; il faut qu’elle sur-nage fur cette eau ou premiere saumure ;alors on la jette dans des plombs placésfur des fourneaux dans la saline ; les plombsou chaudières qui font au nombre de trois( & même le plus souvent quelques saune-ries n’en ont que deux ) font de formeparallélogramme, ayant i \ pieds de long,fur deux pieds de large , 8c le rebord 2.pouces d’épaisscur , 8c 'le tout environ 6lignes d’épaisseur ; ils font peu élevés audessus de l’âtre du fourneau qui est enfoncé,8c dont l’ouverture est par devant. Ils ontchacun deux évens par derriere : le feu estcontinuel depuis le lundi , soleil levant,jufqu’au dimanche soleil levant.
Lorsque les sauniers font six jours de lasemaine , ou au moins , ils font obligésd’avoir été préalablement avertir les commisaux quêtes le samedi de la semaine pré-cédente.
Quand on commence la semaine , 8cque l’on a allumé le feu au fourneau , on. remplir les plombs de saumure que l’onfait bouillir fans discontinuer jufqu’à ceque le sel soit achevé , ce qui dure environdeux heures & demie , à trois heures auplus ; après que toute l’eau est évaporée ,on ramasse promptement le sel avec unrabot, & on l’enleve avec une petite pellesemblable à celles avec lesquelles on leve lefable des havelées , 8c on jette le sel dans. des corbeilles,, que L’on nomme marvaux à