Band 
Tome vingt-neuvième.
Seite
798
JPEG-Download
 

.7-8 S A L

saumure; le manche est long pour qu’ilpuiíse la renverser où il veut.

Eprouvette, Le petit puchoir d’épreuveest un petit baril de bois que l’on remplitde saumure, dont on fait l’épreuve avecla balle de plomb enduite de cire dont nousavons parlé ; une tassée de saumure suffitpour cela.

Des fontaines salantes. On donne ce nomà des usines où l’on ramasse les eaux desfontaines salantes, où on les fait évapo-rer Lc où l’on obtient par ce moyen dusel de la nature & de la qualité du selmarin.

Il y a peu de royaumes qui ne soientpourvus de cette richesse naturelle. Letravail n’est pas le même par-tout. Nousallons parler des salines qui font les plusà notre portée , décrivant fur quelques-unes toute la manœuvre, exposant seule-ment de quelques autres, ce qui leur estparticulier.

Voiei ce que nous savons des salines deMoyenvic , de Salmes , de Baixvieux ,d’Aigle, de Dieuze , de Rosières, & desbâtimens de graduation^construits en dif-férens endroits. On peut compter furl’exactitude de tout ce que nous allonsdire.

Saline de Moyenvic. Moyenvic estsitué fur la riviere de Seille, à dix lieuesde Metz, entre Ive & Mariai , à environdemi-lieue de l’un & de l’autre.

On ne découvre rien fur la propriété dek saline avant l’an 12.98 , que Gérard 68°.évêque de Metz , acquit de quelques seig-neurs particuliers les salines de Mariai &de Moyenvic , & les réunit à l’évêché.Raoul de Couy , 76*. évêque , engageaenviron l’an 1590 , le château de Moyen-vic à Henri Gilleux , 60 muids de sel àRobert duc de Bar , & 10 muids à Phi-lippe de Boisfremont. Conrard Bayer deRoppart, 77e. évêque, retira cet engage-ment l’an 144;. Mais lui & son frere Théo-doric Bayer arrêtés prisonniers par l’ordredu duc René , roi de Naples & de Sicile,il en coûta pour fa liberté à i’évêque plu-sieurs seigneuries & notamment les salines,

' que le duc lui restitua dans la fuite. En 1571,le cardinal de Lorraineadministrateur, Le<e cardinal de Guise, évêque, laissèrent en

S A L

fief au duc de Lorraine les salines de l’évê-ché , moyennant 4500 livres monnoie deLorraine, & 400 muids de sel. Les ducsdevenus propriétaires des salines , étoientobligés suivant le 70 e . article du traité desPyrénées , de fournir le sel nécessaire à laconsommation des évêchés, à raison de 161.6 sols le muid. Enfin, celle de Moyenvicfut cédée au roi par le 12°. article de celuide 1661 ; mais ruinée par les guerres ,1eroi en ordonna le rétablissement en 1673.Depuis ces temps , les charges se sontpayées par moitié entre la France & la Lor-raine , à des conditions que nous ne rap-porterons pas , parce qu’elies ne sont pas denotre objet.

Les eaux salées viennent de deux puits.'Le sel gemme, dont il y a plusieurs mon-tagnes & une infinité de carrières dans laprofondeur des terres, est en abondancedans le terrein de Lorraine. Les eaux entraversant ces carrières, se chargent de par-tie de sel ; & plus le trajet est long, plus ledegré de salure est considérable. Mais com-me les amas de sel sont distribués par vei-nes , par couches, par cantons, il arrivenécessairement qu’une source d’eau doucese trouve à côté d’une source d’eau salée.Les sources d’eau salées coulent par diffé-rentes embouchures , & donnent plus oumoins d’eau, selon que la saison est plusou moins pluvieuse. On a observé , ditl’auteur instruit des mémoires qu’on nousa communiqués fur cette matière , que plusles sources sont abondantes , plus leurs eauxsont salées , ce qu’il faut attribuer à l’ac-croissement de vitesse & de volume avec le-quel elles battent alors les sinuosités qu'ellesrencontrent dans les carrières de sel qu’ellestraversent.

Il y a plusieurs sources sallées en diffé-rens endroits de la saline de Moyenvic. Onles a rallemblées dans deux puits, dont leseaux mêlées portent environ quinze degrés& demi de salure. Le sel s’en extrait parévaporation , comme nous allons l’expli-quer.

Les eaux du grand puits sortent de septsources différentes en qualité & en quan-tité. Leur mélange porte 14 a ij degrés desalure.

Pour connoître le degré de salure , ou