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nairement une diminution de quatre poucesd’eau dans la poêle.
Sur les dix à onze heures du soir les soc-queurs remuent d’heure en heure les braisesdu fourneau jufqu'à deux heures du matin,& plus souvent , lorsque les braises s’amcr-tiflent tiop promptement. On donne à cetravail le nom de raillées ;, parce que l’ins-trument que l'on emploie s’appelle raille:le raille n’est autre chose qu'une longueperche de toute la longueur du fourneau,au bout de laquelle est un. morceau deplanche.
La chaleur de ces braises donne à la mure
{ >refque le dernier degré de cuiflbn ; & fures deux heures , lorsque les braises fontamorties, les socqueurs jettent dans le four-neau en deux ou trois fois seize chers defascines de ic fagots chacun : après quoiils remuent de nouveau ces braises jufqu'àquatre heures du matin , que se fait labrisée.
Quelquefois par des accidens , soit devents contraires à cette opération , soit parla mauvaise qualité des bois, ou parce qu'ilsont été mal administrés dans l'intervalle dusali nage ou du soccage , les ouvriers fontforcés d’ajouter quatre à cinq cens fagots àla consommation ordinaire, pour hâter cettecuiflbn, lans quoi elle anticiperoit sur letour suivant. C'est ce que les ouvriers ap-pellent entr’eux courir à la paille^
Lorsque le premier sel est formé , lesíàlineurs & les sujets le retirent de la poêleavec des pelles courbes , & le mettentégoutter fur deux claies appellées chevres ,qui font posées au milieu des deux côtés dela poêle; & à mesure que le monceau grossit,on l’entoure avec des (angles pour le íoutenir& l'élever à la hauteur qu'exige la quantitédu sel formé.
Après que le premier sel est tiré, lesíbcqueurs jettent dans le fourneau environ4 oo fascines à trois temps, ce qu'ils appellentdonner trois chaudes ; & cette opérationconduit au dernier degré de cuillon, cequi reste dans la poêle. Cette eau porteordinairement 3 8 à 40 degrés de íalure,.
La formation de ce dernier sel ne finitque sur dix heures du matin on le metcomme le premier fur les claies ou chevres,ou lis testent l’un & l'autre pour íe lécher
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& s'égoutter pendant le temps du toursuivant.
II y a toujours un de 14 ouvriers de fabrigade qui veille fur la poêle à tour de rôlependant la nuit ; ses fonctions consistent àavoir l’œil aux accidens imprévus , & àfaire venir aux heures marquées les ouvriersde rechange au poste & au travail qui leur estassigné.
Nous venons de parcourir les différentesmanœuvres qui s’emploient à la fabricationdu sel ; supposons maintenantqu'une abattuesoit finie, pour voir ce qui se paííè jufqu'à cequ'une autre recommence.
Nous avons dit que l'ondonnoit six joursd'incervalle entre chaque abattue ; pendantce temps les maîtres ct les Ibcqueurs ôtentles cendres du fourneau , & les portent aucendrier dans des civières appellées banajses :ces cendres appartiennent au fermier del’ambauchure ( roye £ plus bas ce que c’est);.il en retire environ 8co livres par an. Ensuiteon laboure l’àrre du fourneau pour le re-mettre de niveau , en applaniílantt les boflesqui se sont faites par les gouttières de Upoêle, & les craflès qui en proviennent,ainsi que l’écume que la poêle a renduependant le temps de la formation, font en-levées par les sujets & les brouetteurs , ctrépandues danss l’intérieur de la saline »tant pour élever les endroits qui font encoreinondés par les eaux de la seille , que pourempêcher que les habitans ne se servent descrafles & écumes , dont ils dreroient uneassez grande quantité de sel en les faisant,recuire.
Pendant le temps de la cuisson , l’écumese tire avec six cuillers de fer appellées.augelots , placées séparément entre les bouc-hons fur le derrière de la poêle. On a fait.l’épreuve d'en mettre au devant ; mais ils.ne le chargeoient que de ícl, parce que lefeu étant plus violent en cet endroit, &Peau plus agitée par les bouillons, l’écumeétoit chastée à l’arriere , comme il arrive àun pot au feu. L’augelot est à demeureappuyé furie fond de la poêle , & le mou-vement de Peau y porte les crades, qui en-suite n'en sortent plus par Peffet de la com-position de cet instrument. C’est une platinede fer dont les bords (ont repliés de quatrepouces de haut ; lc fond en est plat, ct peu L