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Tome vingt-neuvième.
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Sc de trente - huit autres gardes particu-liers.

Il y a encore dans cette saline une autrejuriídiction , à laqdelle la maîtrise des eauxSc forêts de Salins a été réunie en 169a.Elle connoît tant au civil qu’au criminel,Sc íàuf l’appel à la chambre des comptesde Dole, de tout ce qui concerne les gabel-les , conformément aux édits de 1703 Sc1705. Elle est en même temps établie pourfaire la visite des sources, & connoître dela police intérieure des salines. Cette juri-diction a pour chef un juge visiteur des sa-lines Sc maître particulier des eaux & forêts;ses autres officiers font les mêmes qu’à ladéformation.

Le revenu annuel des salines de Salinspeut être évalué , tous frais faits, aux envi-rons de sept cent mille livres, dont quatrecent cinquante mille viennent de la Suifle.11 étoit plus considérable avant que la moi-tié de la Franche-Comté fe fournît en sel deMontmorot.

Saline de Montmorot. Cette saline ,remarquable par ses bâtimens de gradua-tion , est située à huit lieues sud-ouest deSalins , dans une petite plaine , entre laville de Lons-le-Saunier , & le village dontelle porte le nom.

Il y a déjà eu autrefois à Lons-le-Saunierdes salines qui ont long-temps été les seulesde la Franche-Comté. On prétend qu’ellesexistoient avant la venue des Romains dansles Gaules. La ville étoit connue fous leBom Latin Lceâo , tiré du Grec , qui veutdire flux &c reflux. D’anciens mémoiresassurent qu’on en observoit un dans leseaux salées du puits de Lons-le-Saunier ,Sc que c’est de là que cette ville a pris ionnom. D'autres soutiennent que le mot deIons, son ancienne dénomination Françoise,à laquelle on a ajouté. le - Saunier depuistrois siécles seulement , signifioit un vais-seau de 14 muids qui recevoit les eaux sa-lées , Sc duquel elles couloient dans les chau-dières. Mais i’une de ces opinions n’est pasplus certaine quel’autre ; Sc elles pourroientbien 11’être toutes les deux que le fruit del’imagination échauffée de quelques éty-mologistes. Pendant les travaux que l'on afaits dans le puits de Lons-le-Saunier pourl’établiíîèment de la nouvelle saline , on n'y

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a point remarqué ce flux & reflux dont'ifest parlé. D ailleurs, le mot de Lons vientprobablement de celui de LceJo , & c’estfans raison qu’on lui va chercher une éty-mologie particulière.

Si l'on ignore en quel temps les salinesde Lons-le-Saunier surent établies, la cause&c l’époque de leur destruction ne sont pasmoins inconnues. On a trouvé dans lescreusages qui ont été faits, une grande quan-tité de poulies, de rouages, d'arbres déroue à demi brûlés, & l’on peut conjectu-rer d# là que ces salines périrent par lefeu.

La ville de Lons-le-Saunier , dans unerequête présentée en 1650 au conseil desfinances du roi d'Espagne , exposa que sesanciennes salines avoient été détruites en lígòpour mettre celles de Salins en plus grandevaleur ; Sc qu'elle avoit obtenu fur ces der-nieres 96 charges de sel par mois. Ce droitlui avoit été accordé en forme de dédom-magement par Marie de Bourgogne &:Charles V son petit-fiis ; elle en avoit jouijusqu'aux guerres Sc aux pestes des années1636 & 1637 ; elle demandoit à y êtrerétablie. Elle obtint ce qu'elle desiroit ; maisenfin cet ancien droit a été réduit en argent,Sc c’est pour l’acquitter que le roi lui ac-corde encore à présent 1000 liv. par annéepour les salines de Salins.

Cependant quoique la chute de celles deLons le-Saunier soit fixée dans l’acte quenous venons de citer , à l'année 1190 , ilest certain qu’elle est postérieure à cetteépoque. Philippe de Vienne, en 1x94,légua par son testament à Alaïs fa fille *abbeíTe de l’abbaye de Lons-le-Saunier, 18montées de muire à prendre au puits deLons-le-Saunier , pour elle Sc pour les ab-besses qui lui succéderaient.

C’est au commencement du xiv e . sieclequ’on peut vraisemblablement rapporterla destruction de ces salines , Sc l’on netrouve point de litre plus moderne qui enfasse mention.

Quoi qu’il en soit , il paraît fertain queles eaux qu’on y bouillilìoit étoient meil-leures que celles dont la nouvelle saline faitusage. Si elles n’euísent été qu’à 1,7 Sc 9degrés , comme on les volt aujourd’hui, ileût fallu une dépense trop considérable pour