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Tome vingt-neuvième.
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«evoir au milieu de la bouche, appliquéepour entamer, est triangulaire; par consé-quent on a dû imaginer que l'instrumentqu’tlie lance au travers de cette ouverturepour entamer étoit triple, aulïì cet instru-ment est-ii à trois tranchans.

La découverte pourroit bien en être dueà la simple observation de la plaie faite parla sangsue. En effet, si l'on examine cettepetite plaie , elle représente sensiblementtrois traits ou rayons qui s'unissent dans uncentre commun, & qui font entr’eux troisangles égaux , & l'on voit que ce ne fontpoint trois piquures, mais trois plaies. Onne le remarquera pas après avoir appliquéles sangsues à des hémorrhoïdes ; mais sielles l'ont été à d'autres endroits de la peauSi su r-tout d'une peau blanche , on voit lejour même de l’opération , un peu de sangcoagulé qui recouvre la plaie, le lendemainle petit caillot tombe, mais un léger gon-flement confond tout. Enfin , le troisième«u quatrième jour, on voit distinctementles trois plaies marquées.

L'organe pour entamer est placé, commeon l'a déjà dit, entre l'ouverture faite parles deux levres & le fond de la bouche...Après avoir ouvert des sangsues par le ven-tre , & suivant la longueur de l'animal, &avoir cherché cet organe dans l'endroit dé-,ligné , c'est le tact qui en a d'abord décou-vert quelque chose. On observe qu'en pas-sant le doigt sur l'endroit où est cet organe,l’on sent une impression pareille à celle quefait une lime douce sur le doigt , ce quisupposé déjà des parties , qui font non-.feulement raboteuses, mais solides & deJa nature de l'os, ou tout au moins de la.corne.

Considérant ensuite cette partie avec unegrosse loupe , on voit que la membraneinterne de la bouche vers son fond est hé-rissée de petites pointes capables, étant siyrès les unes des autres, de faire des lamesdentées. Sur cette simple exposition, onconcevra aisément, que si par quelque mou-vement particulier , ces lames s'avancentensemble , & dans le sens. de l'ouverturetriangulaire ver-s la partie à laquelle la sangsueapplique fa bouche, elles doivent faire unejjlaie telle qu’elle a été décrite.

Mais dom Ailou a été bien plus loin ; il

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y a découvert trois rangées de dents, c*rtrois petits râteliers , dont il a décrit la dis-position & la structure.

| Au delà des râteliers, dans l’endroit cùla bouche rétrécie de la sangsue commenceà prendre la forme du canal , & cù l'on screprésenteroit la luette dans l'homme, il y aun mamelon très-apparent, & d'une chairassez ferme. Ce mamelon est un peu flot-tant dans la bouche , & il paraît assez na-turel de lui assigner l’office d'une langue.Lorsque les organes dont nous avons d’abordparlé, font appliqués où la sangsue cherchela pâture, lorsque les râteliers ont fait plaie,& que l'ouverture qui est à leur centre estparallèle au milieu de la triple plaie faitepar les râteliers, il doit être facile au ma-melon lancé au travers de cette ouverturede faire le piston , & de servir à sucer lesang qui sort de l'entamure , pendant quela partie de la bouche continue aux levres,fait le corps de pompe.

Enfin sc présente la cinquième partie dela bouche. L'on voit entre la racine du ma-melon que l’on appelle la langue , & lecommencement de l'estomac , un espacelong d’environ deux lignes, garni de fibresblanchâtres, dont on distingue deux plans,l’un circulaire & l'autre longitudinal. Celles-ci sc contractent apparemment pour élargir&c raccourcir la cavité de la pompe ; lescirculaires resserrent le canal, & détermi-nent vers l’estomac le sang qui vient d’êtresucé.

Ce sang entre alors dans une poche mem-braneuse qui sert d’estomac &i d’intestins àla sangsue , & qui occupe intérieurementune grande partie du reste de son corps. Sion introduit de l'air dans cette partie par la „bouche de la sangsue , l'air entre dans un :tuyau droit qui est au centre, & qui s’ou- .vre des deux côtés dans des sacs ou cellules ;bien plus larges que le tuyau principal. Cessacs font faits d’une membrane mince jus- .que vers la queue de l’animal, où la mem- .brane est fortifiée de quelques fibres circu- .laires fort distinctes. Si on fait de ces sacs ;autant d’estomacs , on en pourra compterjusqu'à vingt-quatre dans une sangsue assezgrosie.

Il y a apparence que le sang sucé par k .sangsue séjourne leug- temps dans les résctzr -