S A N
substance est herbacée , 8c que ses feuillesfont découpées en très petites parties ,comme celles de l’anthemis. Nova plant,gea., &c ., par M. Micheli.
SANTONES ( Géogr. anc. ) ancienpeuple de la Gaule. César les met entre lesCeltes , parce que de son temps l'Aquitaineétoit bornée par POcéan , les Pyrénées &la Garonne ; mais fous Auguste , P Aqui-taine fut étendue jusqu’à la Loire : alors lesSantones furent censés un peuple de P Aqui-taine. De là vient la différente maniers deles placer dans la Celtique 8c dans P Aqui-taine. Leur pays est aujourd’hui la Saintonge,Les anciens ont dit Santones 8c Santoni.Pline, liv. IV, ck. xix, leur donne le nomde libres, Santones liberi. Ptolomée, liv. II,ch. vij , leur donne pour ville Mediolanum,aujourd’hui Saintes. L’auteur de la Phar-fale , liv. I, v. , dit Santonus au sin-gulier :
Gaudetque amoto Sentonus ho fie.
( D /.)
.SANTONS, f. m. ( Ni fi. mod. ) especede religieux mahométans , vagabonds 8clibertins. On regarde les santons comme unesecte d’épicuriens qui adoptent entre euxcette maxime , aujourd’hui efi a nous ,demain efi a lui, qui en jouira? Audi pren-nent-ils pour fe sauver une voie touteopposée à celle des autres religieux Turcs,& ne íè refusent aucun des plaisirs dont ilspeuvent jouir. Ils pastènt leur vie dansles pélérinages de Jérusalem , de'Bagdad,de Damas , du mont Carmel & autreslieux qu’ils ont en vénération , parce queleurs prétendus saints y font enterrés. Maisdans ces courses il ne manquent jamais dedétroustèr les voyageurs lorsqu’ils en trou-vent Poccasion ; aussi craint-on leur ren-contre , & ne leur permet-on pas d’appro-cher des caravanes, si ce n’est pour recevoirl’aumônc.
La sainteté de quelques-uns d’entr’euxconsiste à faire les imbécilles & les extrava-gans afin d’artirer fur eux les yeux du peuple ;à regarder le monde fixement , à parleravec orgueil , 8c à quereller ceux qu’ilsrencontrent. Presque tous marchent la tête& les jambes nues, le corps à moitié cou-
§ A N 987
vert d’une méchante peau de qúelqqe bêtesauvage, avec une ceinture de peau autourdes reins, d’où pend une espece de gibe-cière ; quelquefois au lieu de ceinture, ilsportent un serpent de cuivre que leurs doc-teurs leur donnent comme une marque deleur savoir -, ils portent à la main une especede massue.
Les santons des Indes qui pasient enTurquie pour le pèlerinage de la Mecque& de Jérusalem , demandent l’aumôneavec un certain ris méprisant. Ils marchentà pas lents 5 le peu d’habillemcnt qui lescouvre est un tissu de pieces de toutes cou-leurs mal assorties & mal cousues.
Dandini , dans son voyage du Mont-Liban, prétend que le titre de fiahton est unnom générique & commun à plusieursespeces de religieux Turcs, dont les unss’astreignent par vœu à garder la continence,la pauvreté, &c. , 8c d’autres mehent unevie ordinaire. Il distingue encore les mé-ditatifs , qu’on reconnoît aux plumes qu’élsportent fur la tête , & les extatiques, quiportent des chaînes au cou & aux bras pourmarquer la véhémence de Pesprit qui lesanime ; quelques-uns qui sont mendians ;d’autres le consacrent au service des hôpi-taux : mah en général les santons sontcharlatans , 8c se mêlent de vendre aupeuple des secrets 8c des reliques telles quedes cheveux de Mahomet, bc. Presquetous font mendians , 8c font leurs prièresdans les rues , y prennent leurs repas , 8cn'ont souvent point d’autre asyle. Lorsqu’ilsn’ont point fait de vœux , si ce genre devie leur déplaît, il leur suffit, pour y re-noncer > de s’habiller comme le peuple ;mais la fainéantise 8c l’oisiveté à laquelle ilsfont accoutumés font de puissans attraitspour les retenir dans leur ancien état :d’autant plus que Pimbécilliré des peuplesest un fonds assuré pour leur subsistance.Guer. moeurs des Tares , tome I. Dandini,voyage du Liban.
SANTONUM PORTUS , {Géogr. anc.)port des Saintongeoís , selon Ptolomee ,hb. II , ch. vij. On ne convient pas dunom moderne. Il le met entre la Garonne& la Charente , presque à distance égale,ce qui convient mieux à Brouage où le placeM. de Valois , qu’à Blaye ville fur lAIiiiii 1