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'Eìli, le pays d’Aïdin, resta soumis à l’em-
pire Ottoman.
Imith a décrit dans son voyage sétatauquel la ville de sardes étoit réduite l’an•3671 ; ce n’est plus, dit-il , qu’un misé-1. ble village composé de quelques chau-mières , où logent un petit nombre deTurcs preíque tous pâtres, dont le bienconsiste en troupeaux qui paillent dans laplaine voisine. U y reste très-peu de chré-tiens , fans église & sans pasteur , & quifont réduits pour vivre à cultiver desterres ; cependant, continue-t-il, sardesau milieu de fa désolation montre encoredes vestiges de son ancienne splendeur :on trouve au midi de la ville de grandescolonnes entieres & fur pié, d’autres ren-versées & brisées ; l’on voit à l’orient desruines d’édisices, & d’un magnifique pa-lais , répandues dans une grande étenduede terrein. Les choses ont encore dépéridepuis. L’on fait aujourd’hui de M. Askew,qui a voyagé dans l’Asie mineure depuisì’année 1744 > que sardes est totalementdéserte , & qu’il n’y reste aucun habitant,ni turc, ni chrétien ; & que l’on ne trouveplus dans ses anciennes ruines, que quel-ques inscriptions indéchifrables.
De tous ses titres,. sardes n’a conservéque ion nom : les Turcs la nomment en-core sart. Suivant la géographie écrite enîangue turque, qui a été imprimée à Cons-tantinople depuis quelques années , sardes& l’on territoire font compris dans ledistrict: ou liva de Tiré , qui fait partied’Aïdin-Eïli. Le Tmole y est nommé Ao?-dag , c'est-à-dire, Montagne de glace.Les princes turcs qui-résidoient à Magné-sie , alloient ordinairement palier l'été furcette montagne, pour éviter les chaleursde la plaine, & prendre le divertistèmentde la chasse. Le géographe turc observequ’au nord de la montagne on voit unlac poissonneux, Lé dont les eaux sontcrès-belles ; il peut avoir de circuit dixmilles , qui font environ trois lieues deFrance: cedoicétrc le lac deGygès , dontHomere a parlé , & qui a été célébré danstoute l’antiquité. La plaine de sardes , quiest une des plus spacieuses & des plus fer-tiles de l’Asie, est présentement inculte,«n l’appelle Id plaine de Nympjii .*
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Tel est l’état du territoire & de l'an-cienne capitale de Crcesus. Ce prince sirenommé par ses richesses, par ses libé-ralités , par le foin qu’il prit d’attirer á facour les premiers sages de son temps,n’est pas moins fameux par les vicissitudesdes événemens de fa vie. Après avoir sou-mis à fa puissance presque tous les peuplesde l’Asie e.n-deçà du fleuve Halys , ilperdit contre Cyrus, roi de Perse, lacélébré bataille de Thymbré, fut pris,chargé de chaînes , & condamné à mourirfur un bûcher. II reconnut pour la pre-mière fois la vérité de ces belles parolesde Solon : » qu’on ne pouvoir appeller un» homme heureux qu’après fa mort Etil invoqua tout haut en présence de sonvainqueur le nom du grand homme dontil les tenoit. Cyrus faisant alors réflexionfur inconstance de la fortune , & fur lesdangers qu’il avoir couru de son côté unmoment avant la victoire , accorda géné-reusement la vie à Crccsus , le gratifiad’Ecbatatane, & le traita depuis aveebeaucoup de bonté & dè distinction. Toucceci se passa vers l’an 210 de Rome , dutemps de Tarquin le Superbe.
Je ne dois pas oublier de couronnerl’article de Sardes ; en remarquant queles lettres y ont fleuri, & qu’on les cul-tivoit encore dans cette ville au v. sieclede l’ere chrétienne. Elle a été la patriede Polisnus, qui vivoit sous Jules-César,& qui outre des plaidoyers , publia troislivres du triomphe pratique , c’est-à-dire,-de celui de Ventidius. Elle a produit dansle iv. siecle le rhéteur Eunape , auteurd’une histoire des sophistes , que nousavorfs , & d’une histoire des empereursdepuis Claude le Gothique , jusqu’à lamort d’Eudoxie , femme d’Arcadius ,dont il ne reste que des fragmens , maisqui sont curieux. Strabon dit que Sardesdonna la naissance aux deux Diodoresorateurs célébrés ; mais elle doit fur-touf-fe glorifier de celle d’Alcman.
Je sai que Pausanias, Suidas , & Clé-ment d’Alexandrie, le font naître à Spar-te , cependant il étoit né véritablementà Sardes , mais il fut formé & élevé àLacédémone , & y fleurissent vers la vingoseptième olympiade, Esclave d’un spas--