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Tome trentième.
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la pastorale , c’est-à-dire , pour les piecessatyriques, les at Jlaaes , &c. Ces décora-tions étoíenc ou versatiles , iorsqu’ellestournoient íur un pivot, ou dacUles , lorí-qu’on les faifoit glisser dans des coulisses ,comme cela le pratique encore aujour-d’hui. Selon les différentes pieces , onchangeoit la décoration ; & ia partie quietoit tournée vers le spectateur s’appjloitscene tragique , comique , ou pajioraíe ,selon la nature du spectacle auquel elleétoit assortie. Voye[ les notes de M. Per-rault , sur yitruve, liv. V. ch. vj. Voyeçaussi le mot Décoration. On appelleaussi scene , le lieu où le poète supposeque faction s’est passée. Ainsi dans Iphi-génie , la scene est en Aulidedans la tented’Agamemnon. Dans Athalie , la sceneest dans le temple de Jérusalem , dans unvestibule de l’appartement du grand-prê-tre. Une des principales loix du poèmedramatique , est d’observer l’uniré de lascene , qri’on nomme autrement imite delieu.

En effet, il n’est pas naturel que la scenechange de p’ace, & qu’un spectacle com-mencé dans un endroit finisse dans unautre tout diffèrent & souvent très-éloigné.Les anciens ont gardé soigneusement cetteréglé , ct particulièrement Térence : dansses comédies , la scene ne change presquejamais ; touffe passe devant la porte d’unemaison où il fait rencontrer naturellementses acteurs.

Les François ont suivi la même réglé ;mais les Anglois en ont secoué le joug ,sous prétexte qu’elle empêche la variété& l’agrément des avantures & des intri-

gues nécessaires pour amuser les spectateurs. Cependant les auteurs les plus judícieux tachent de ne pas négliger totale-ment la vraisemblance , ct ne changenla scene que dans les entre-às , a fin quipendant cet intervalle , les acteurs soiencensés avoir fait le chemin nécessaire ; &par la même raison, ils changent raremenla scene d’une ville à une autre ; mais ceuiqui méprisent ou violent toutes les réglésse donnent cette liberté. Ces auteurs mfe font pas même de scrupule de tranfporter tout-à-coup la scene de Londres aiLérou. Shakespear n’a pas beaucoup rçs-

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pecté la réglé de l’unité de scene ; il ne fautque parcourir ses ouvrages pour s’en con-vaincre.

Scene est auíîi une division du poèmedramatique , déterminée par l’entrée d’unnouvel acteur: on divise unepiece en ac-tes , & les actes eh scenes.

Dans plusieurs pieces imprimées des An-glois , la différence des scenes n’est mar-quée que quand le lieu de la scene ct les dé-corations changent ; cependant la scene estproprement composée des acteurs qui fontprélèns ou intéressés à faction. Ainlì quandun nouvel acteur parcît, ou qu’il fe retire,faction change ct une nouvelle scene com-

mence.

La contexture ou la saison & l’enchaî-nement des scenes entr’dles, est encoreune réglé du théâtre; elles doivent se suc-céder les unes aux autres, de maniéré quele théâtre ne reste jamais vuide jufqu’à iafin de l’acte.

Les anciens ne rnettoient jamais plus detrois personnes ensemble íur la scene, ex-cepté les chœurs , dont le nombre n’étoitpas limité : les modernes ne se lont pointastreints à cette réglé.

Corneille, dans f examen de fa tragédie -d’Horace, pour justifier le coup d’épée quece romain donne à fa sœur Camille , exa-mine cette question , s’il eji permis d’en-sanglanter la Jcene ; & il décide pour f af-firmative , fondé , i°. fur ce qu’Aristotea dit , que pour émouvoir puissamment ,il f'alloit faire voir de grands déplaisirs „des blessures, & même des morts ;for ce qu’Horace n’exclut de la vue des-spectateurs, que les événemens trop dé-naturés , tels que le festin d’Atrée , lemassacre que Medée fait de ses propres-enfans ; encore oppose-t-il un exemple -de Séneque au précepte d’Horace ; & ilprouve celui cf Aristote par Sophocle ,dans une tragédie duquel Ájax fe tue de-vant les spectateurs. Cependant le pré-cepte d’Horace n’en paroît pas moinsfondé dans la nature & dans les mœurs.1 . Dans la nature ; car enfin , quoique latragédie fe propose d’exciter la terreur ou Jla pitié , elle ne tend point à ce but pardes spectacles barbares, & qui choquent -riiumamtév Or les morts violentes^