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meurtres, les assassinats, le carnage , ins-pirent trop d’horreur, & ce n’eít pas l’hor-reur , mais la terreur qu’d faut exciter.X Q . Les mœurs n’y font pas moins cho-quées. Én effet, quoi de plus propre a en-durcir le cœur , que l’image trop vivedes cruautés ; quoi de plus contraire auxbienséances, que des actions dont i ideefeule est effrayante ? les maîtres de i’artcnt dit:
Ce qu'on ne doit point voir , qu’un récit noust expose :
Lesyeux en la voyant faìjìroicnt mieux la chose ;M.us il eji des objets que l’art judicieuxJJoit offrir à l’oreille £ 3 * reculer des yeux.
Art poëtiq. chant iij.
Les Grecs & les Romains , quelque ipolis qu’on veuille les supposer , avoientencore quelque férocité : chez eux le sui-cide pasloit pour grandeur d’ame ; cheznous il n’est qu’une frénésie , une fureur :les yeux qui se repaistòier.t au cirque descombats de gladiateurs, & ceux mêmesdes femmes qui prenoient plaisir à voircouler le sang humain • pouvoient bien ensoutenir l’image au théâtre. Les nôtres enseroient blestès : ainsi ce qui pouvoit plairerelativement à leurs mœurs étant tout-à-fait hors des nôtres , c’est une téméritéque d’ensanglanter la Jcene. L’usage en estencore fréquent chez les Anglois , &Shakcspear sur tout est plein de ces situa-tions. En vain M. Gresset a voulu les imi-ter dans fa tragédie d'Edouard ; le goûtde Paris ne s’est pas trouvé conforme augoût de Londres. Il est vrai que toutessortes de morts , même violentes , nedoivent point être bannies du théâtre ;Phedre & Inez empoisonnées y viennentexpirer ; Jason dans la Médée de Longe-Pierre,&Orofmane dans Zaïre s’arrachentla vie de leur propre main ; mais outre quece mouvement est extrêmement vif& ra-pide , on emporte ces personnages , onles dérobe promptement aux yeux desspectateurs , qui n’en sont point blessés,comme ils le seroient, s’il leur falloir sou-tenir quelque temps la vue d’un hommequ’on suppose maítàcré & nageant dansson sang. L’exemplç de nos voisins, quand
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il n’est fondé que fur leur façon de penserqui d-pend du tempérament & du climat,ne devient point une loi pour nous quivivons sous une autre horiíòn ; & dont lesmœurs sont plus conformes à l’humanité.Principes pour la leclure des Poètes , tomeII. page 58. tv suivantes.
SCENE , {Mujiq,) On distingue enmusique lyrique la Jcene du monologue ;en ce qu’il n’y a qu’un (cul acteur dans lemonologue, & qu’il y a dans la Jcene aumoins deux interlocuteurs: par conséquentdans le monologue le caractère du chantdoit être un , du moins quant à la per-sonne ; mais dans les J’cenes le chant doitavoir autant de caractères différons qu’il ya (('interlocuteurs. En effet , comme enparlant chacun garde toujours la mêmevoix , le même accent, le même tym-bre , & communément le même style ,dans toutes les choses qu’il dit , chaqueacteur, dans les diverses passions qu’il ex-prime , doit toujours garder un caractèrequi lui soit propre & qui le distingue d’unautre acteur. La douleur d’un vieillard n’apas le même ton que celle d’un jeunehomme, la colere d’une femme a d’au-tres accens que celle d’un guerrier: unbarbare ne dira point je vous aime, commeun galant de profession. II faut donc ren-dre dans les Jcenes , non-íeulement le ca-ractère de la passion qu’on veut peindre ,mais celui de la personne qu’on fait parler.Ce caractère s’indique en partie par lasorte de voix qu’on approprie à chaquerôle; car le tour de chant d’nne haure-centre est différent de celui d’une basse-taille. On met plus de gravité dans leschants de bas-dessus, & plus de légèretédans ceux des voix plus aiguës. Mais ,outre ces différences, l’habile composi-teur en troave d’individuelles qui carac-térisent les personnages ; en sorte qu’onconnoîtra bientôt à ('accent particulier durécitatif & du chant, si c’est Mandane ouEmire , fr c’est Olinte ou Alceste qu’onentend. Je conviens qn’il n y a que leshommes de génie qui sentent & marquentces différences ; mais je dis cependant quece n’est qu’en les observant , & d’autressemblables , qu’on parvient à produire('illusion. ( S)