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Tome trentième.
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scena. Ainsi Virgile a dit dans son Enéide :

Tum fîlvis scena corufcisDesuper harrentique atrum nemus immi-net umbrâ.

Servius ajoute fur ce vers , scena apudantiquos , parieteai non habuit. Telleíut la ícene de ce fameux théâtre que Ro-mulus fit préparer pour attirer les Sabinsdans le piegequ’il leurtendoit. Ovide nousen a fait une peinture bien différente decelle des théâtres qui suivirent.

Primas sollicitas secisti , Romule , ludos

Cum juvit viduos rapta sabina yiros.Tune neque marmoreo pendebant vêlatheatro ,

Necsucrant liquidapulpita rubra croco.'lllicquas tulerant nanoroja palatia fron-des

Simpliciter pofitee scena fine arte fuit.

Il est impossible de découvrir quand oncommença de transporter les spectacles dedessus le terrein fur un théâtre ; & de quipourrions-nous Rapprendre , puisque pen-dant long-temps, les hommes savoient à-peine former des caractères pour exprimerleurs pensées ? Les premieres représenta-tions qu’on vit fur le théâtre d’Athènes ,consistoient en quelques chœurs d’hom-mes, de femmes & d’enfans , divisés endifférentes bandes, lesquels barbouillés delie , chantoient des vers composés fur lechamp & fans art. C’étoit particulière-ment après les vendanges , que les gensde la campagne s’uniíîoient pour faire dessacrifices, & marquer aux dieux leur re-connoissance. Pausanias nous assure quel'on immoloit une chevre, comme étantennemie de la vigne j que l’on chantoitdes hymnes en l’honneur de Bacchus , &que l’on donnoit une simple couronne auvainqueur.

Les Romains imitèrent les Grecs ; ilschantoient dans leurs fêtes de vendanges,ces vers naïfs & fans art, connus fous lenom de vers feffennins , de FeJ'cennia villed’Etrurie. Mais l’aa 380 ou 391, sous le

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consulat de C. Sulpicius Paeticus & de C.Licinius Stolon , Rome étant ravagée parla peste , on eut recours aux dieux. Il n’ya rien que les hommes, dans le Paga-nisme , n'aient jugé digne d’irriter ou d’ap-paiíer la divinité. On imagina de fairevenir d’Etrurie des farceurs , dont lesjeux furent regardés comme un moyenpropre à détourner la colere des dieux.Ces joueurs, dit Tite-Live , fans réciteraucun vers, & fans aucune imitation faitepar des discours , dansoient au son de laflûte , & faisoient des gestes & des mou-vemens qui n’avoient rien d’indécent Lajeunesse romaine imita ces danses ; & yjoignit quelques plaisanteries en vers ; cesvers n’avoient ni mesure , ni cadences ré-glées. Cependant cette nouveauté parutagréable ; à force de s’y exercer, l’ufages’en introduisit. Ceux d’entre les esclavesqu’on employoit â ce métier , furent ap-pellés histrions , parce qu’un joueur deflûte s’appelloit hister , en langue étrusque.

Dans la fuite , à ces vers fans mesure ,on substitua les satyres ; & ce poème de-vint exact , par rapport à la mesure desvers, mais il y régnoit toujours une plai-santerie licencieuse. Le chant étoit ac-compagné de la flûte , & le chanteurjoignoit à sa voix des gestes & des mouve-mens convenables. II n’y avoir dans cesjeux aucune idée de poème dramatique ;les Romains en ignoroient alors jusqu’au.nom. Ils n’avoient encore rien empruntédes Grecs à cet égard ; ils ne commencè-rent à les imiter que lorfqu’ils entrepri-rent de former un art de ce que la natureou le hasard leur avoit présenté. LiviusAndronicus, grec de naissance , esclavede Marcus Livius Salinator , & depuisaffranchi par son maître dont il avoitélevé les enfans, porta à Rome la con-noissance du poème dramatique. II osale premier donner des pieces dans lesquel-les il introduisit la fable , ou la composi-tion des choses qui doivent former lepoème dramatique , o est-a-dire une ac-tion. Ce fut l’an 514 de la fondation deRome, 160 ans après la mort de Sophocle& d’Euripide, & 52. ans après celle deMénandre.

L’exemple de Livius Andronicus fie