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Tome trentième.
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pere & du fils ; mais nous croyons qu’ilfaut user de douceur avec eux , & lesexhorter à renoncer à ce blasphème.

Il est donc clair que l’église romaine &la grecque pensaient alors différemmentde ce qu'on pense aujourd’hui. 11 arrivadepuis que Rome adopta la procession dupere & du fils& il arriva máme qu’en1274 l’empereur des grecs Michel Paléo-logue , implorant contre les Turcs unenouvelle croisade , envoya au íecondconcile de Lyon son patriarche & sonchancelier qui chantaient avec le con-cile en latin , qui ex pâtre filioque pro-cedit. Mais l’église greque retourna encoreà son opinion , & sembla la quitter en-core dans la réunion pasiàgere qui se fitavec Eugene IV. Que les hommes ap-prennent de-là à se tolérer les uns lesautres. Voilà des variations & des dispu-tas lur un point fondamental , qui n’ontm excité de troubles, ni rempli les prisons,ni allumé les bûchers.

On a blâmé les déférences du pape JeanVlíí. pour le patriarche Photius ; on n’apas aster songé que ce pontife avoit alorsbesoin de l’empereur Bazde. Un roi deBulgarie , nommé Bogoris , gagné parl’habileté de sa femme , qui étoit chré-tienne , s’étoit converti , à l’exemple deClovis & du roi Egbert. U s’agiílbit desavoir de quel patnarchat cette nouvelleprovince chrétienne dépendroit. Constan-tinople & Rome se la disputoient. Ladécision dépendoit de l’empereur Bazile.Voilà en partie le sujet des complaisancesqu’eut l’évêque de Rome pour celui deConstantinople.

II ne faut pas oublier que dans ce con-cile, ainsi que dans le précédent, il y eutdes cardinaux. Onnommoit ainíi des prê-tres & des diacres qui servoient de con-seil aux métropolitains. II y en avo ; t ^Rome comme dans d’autres églises. Usétoient dé j a distingués ; mais ils fignolentaprès les évêques & les abbés.

Le pape donna par ses lettres & par seslégats le titre de votre sainteté au patriar-che Photius. Les autres patriarches fontaussi appelles papes dans ce concile. C’estun nom grec commun à tous les prêtres,& cyii peu-à-peu est devenu le t»tre dis-

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tinctif du métropolitain de Rome.

Il paroît que Jean VIII. se conduisoitavec prudence , car ses successeurs s’étantbrouillés avec l’empire grec, & ayantadopté le huitième concile écuménique de869, & rejetté l’autre qui absolvoit Pho-tius , la paix établie par Jean VIlI. futalors rompue. Photius éclata contre l’E- ,glise romaine , la traita d’hérétique ausujet de cet article du filioque procedit,des œiifs en carême , de l’Eucharirtie faiteavec du pain fans levain , & de plusieursautres usages. Mais le grand point de ladivision étoit la primatie. Photius & sessuccesseurs vouloient être les premiersévêques du christianisme , & ne pouvoientsouffrir que l’évêque de Rome, d’une villequ’ils regardoient alors comme barbare »séparée de l’em pire par sa rébellion, &en proie a qui voudroit s’en emparer ,jouît de la préséance sur l’évêque de laville impériale.

Le patriarche de Constantinople avoitalors dans son district toutes les églises dela Sicile & de la Pouiîle ; & le saint siègeen passant sous une domination étrangère ,avoit perdu à-la-fois dans ces provincesson patrimoine & ses droits de métropo-litain. L’Eglise greque méprisoit l’Egliseromaine. Les sciences steurissoient à ConCtantinople, mais à Rome tout tomboicjusqu’à la langue latine ; & quoiqu’on fûtplus instruit que dans tout le reste deî’Occident, ce peu de science se ressen-tent de ces temps malheureux.

Les Grecs se vengeoient bien de la su-périorité que les Romains avoient eu fureux depuis le temps de Lucrèce & de Ci-céron jusqu’à Corneille Tacite. Ils ne par-loient des Romains qu’avec ironie. L’évê-que Luitprand , envoyé depuis en ambas-sade à Constantinople par les O thons »rapporte que les Grecs n’appelloient S.Grégoire le grand , qup Grégoire dialo~gue , parce qu’en effet ses dialogues fontd’un homme trop simple. Le temps a toutchangé. Les papes font devenus de grandssouverains; Rome , le centre de la poli--teste & des arts, l’Église latine savante , &le patriarche de Constantinople n’est plusqu’un esclave , évêque d’un peuple efi*-clave,-