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Tome trentième.
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ouvrage sensé , il n’étoit pas lu. Commeil n’y a rien qui ne soit susceptible de plusou de moins, Suisses étendit le calcul de laquantité physique à la quantité morale. IIcompara les intensités & les remissions desvices & des vertus entr’elles. Les uns l’enlouèrent, d’autres l’en blâmèrent. 11 traitedans ion calculateur de l’intensité Le de larémission ; des difformes; de l’intensité del’êlement doué de deux qualités -inégales ;de l’intensité do mixte ; de la rareté &de la densité ; de l’augmer.tation ; de laréaction ; de la puissance; des cbíladesdefaction ; du mouvement & du minimum ;du lieu de i’éle'ment ; des corps lumineux;de faction du corps lumineux ; du mouve-ment local ; d’un milieu non-résiliant ;de l’induction d’un degré suprême. II nes’agit plus ici, comme on voit d’eccéité,de quiddité , d’entité , ni d’autres lot c ilespareilles. De quelque maniéré que Suissetait traité son sujet, du moins il est impor-tant. 11 marque une tête singulière; & jene doute point qu’on ne retrouvât dans cetauteur le germe d’un grand nombre d’idéesdont on s’est fait honneur long-temps aprèslui.

Buridan professa la philosophie au tempsoù Jeanne épouse de Philippe-le-Bel, sedéshonoroit par ses débauches & fa cruauté.On dit qu’elle appelloit â elle les jeunesdisciples de notre philosophe , & qu’aprèsles avoir épuisés entre ses bras, elle lesfaisoit précipiter dans la Seine. On croitque Buridan, qui voyoit avec chagrin sonécole se dépeupler de tous ceux qui y en-troient avec une tìgure agréable , osa leurproposer cet exemple d’un sophisme deposition: Regìnam interficerenolite , time-n bonum ejl ,- où le verbe timere renferméentre deux virgules, peut également se rap-porter â ce qui précede ou à ce qui fuit,& présenter deux sens en même temps très-opposés. Quoiqu’il en soit, il sc sauva deFrance en Allemagne. Tout le monde con-noît son sophisme de l’âne placé entre deuxbottes égales de foin.

Marsiíe d’Inghen fut condisciple de Bu-ridan , 6 c détenteur comme lui de l’opinionffes nominaux.

GautierBuley fut appcllé le docteurpers-jfìci. II écrivit de la vie & des mœurs des

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philosophes, depuis Thaïes jusqu'à Séne-que ; ouvrage médiocre. II fut íùcceísive-ment réaliste & nominal.

Pierre de Assiac fut encore plus connuparmi les théologiens que parmi les philo-sophes. II naquit en 13^0. II fut boursierau college de Navarre, docteur en 1380;successivement principal, professeur , maî-tre de Gerson & de Ciémangis, défenseurde l’immaculée conception , chancelier del’université, aumônier de Charles VI. tré-sorier de la Sainte-Chapelle, évêque ,protégé de Boniface IX. & de Benoît XIII.pere du concile de Pise & de Constance ,& cardinal. II fut entêté d’astrologie. Touctourne à mal dans les esprits gauches ;il fut conduit à cette folie par les livresqu’Aristote a écrits de la nature de l’ame ,&par quelque connoiííânce qu’il avoir desmathématiques. II lisoit tous les grandsévénemens dans les astres.

Jean JVeJsel Ganssort naquit à Gronin-gue. Il eut des lettres ; il tut les languesanciennes oc modernes, le grec , le latin ,l’hébreu , l’arabe, le syriaque , le chal-déen: il parcourut l’ouvrage de Platon. IIfut d’abord scotille , puis occamiste. Onne conçoit pas comment cet homme neprit pas dans Platon le mépris de la bar-barie s'cholastique. II eut au-moins le cou-rage de préférer l’autorité de la raison àcelle de Thomas, de Bonaventure , &des autres docteurs qu’on lui opposent quel-quefois. On pourroit presque dater de sontemps la réforme de la Jcholastique. Cechomme avoir plus de mérite qu’il n’enfalloir, pour être persécuté , & il le fut.

Gabriel Biel naquit à Spire. II formala troisième période de la Philosophiescholajlique.

Nous n’avons rien de particulier à endire, non plus que de Jean Botrell , dePierre de Verberia , de Jean Conthorp ,de Grégoire d'Arimini , à'Alphonse. Var-gus , de Jean Capreolus , de Jérôme deFerraris , de Martinus Magister , de JeanRaulin , de Jacques Aimai n , de RobertHolcolh , de Nicolas d’Orbilli , de Do-minique de Flandres^ , de Maurice l'hiber-nais , & d’une infinité d’autres, sinonqu’il n’y eut jamais tant de pénétrationmal employée, & tant d’esprits gâtés &;

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