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Tome trentième.
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perdus, que fous la durée de la philoso-phie Jcholasiique.

II luit de ce qui précede , que cette mé-thode détestable d’enseigner & d’étudierinfecta toutes les sciences & toutes lescontrées.

Qu’elle donna naissance à une infinitéd’opinionsou puériles, ou dangereuses.

Qu’elle dégrada la Philosophie.

Qu’elle introduisit le scepticisme parla facilité qu’on avoir de défendre lemensonge , d’obscurcir la vérité, & dedisputer sur une même question pour &

contre. ,

Qu’elle introduisit l’arhéïsme spéculatif& pratique.

Qu’elle ébranla lesprincipes de la morale.

Qu’elle ruina la véritable éloquence.

Qu’elle éloigna les meilleurs esprits desbonnes études.

Qu’elle entraîna le mépris des auteursanciens & modernes.

Qu’elle donna lieu à l’aristotélisme quidura si long-temps, & qu’on eut tant depeine à détruire.

Qu’elle exposa ceux qui avoient quelqueteinture de bonne doctrine , aux accusa-tions les plus graves, & aux persécutionsles plus opiniâtres.

Qu’elle encouragea à l’astrologie judi-ciaire.

Qu’elle éloigna de la véritable intelli-gence des ouvrages & des sentimens d’A-ristote.

Qu’elle réduisit toutes les connoissancesfous un aspect barbare & dégoûtant.

Que la protection des grands, les digni-tés ecclésiastiques & séculières, les titreshonorifiques , les places les plus impor-tantes , la considération , les dignités , lafortune , accordées à de miférabes dispu-teurs acheverent de dégoûter les bonselprits des connoiliances plus solides.

Que leur logique n’est qu’une íbphisti-caillerie puérile.

Leur physique un tissu d’impertinences.

Leur métaphysique un galimathias in-intelligible.

Leur théologie naturelle ou révélée ;leur morale, leur jurisprudence , leur po-litique , un fatras d’idées bonnes & mau-vaises.

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En un mot, que cette philosophie a étéune des plus grandes plaies de l’elpcit hu-main.

Qui croiroit qu’aujourd’hui même onn’en est pas encore bien guéri? Qu’est-ceque la théologie qu’on dicte fur les bancs >Qu’est-ce que la philosophie qu’on apprenddans les col leg es? La morale , cette partieà laquelle tous les philosophes anciens sesent principalement adonnés , y est abso-lument oubliée. Demandez à un jeunehomme qui a fait son cours, qu’est-ce quela matière subtile? II vous répondra; maisné lui demandez pas qu’est-ce que la vertu ?il n’en fait rien.

ScholastiqiJE , f. m. ( Hisi. anc. &mod. ) titre de dignité qui a été en usagedans divers temps pour diverses personnes,& dans un sens dînèrent.

Dès le siecle d’Auguste on donnoit cenom aux rhéteurs qui s’exerçoient dansleurs écoles à faire des déclamations furtoutes sortes de sujets, afìn d’enseigner àleurs disciples l’art de parler; & fous Né-ron on l’appliqua à ceux qui érudioient ledroit , & 1e disposoient à la plaidoierie.De-lá il passa aux avocats qui plaidoientdans le barreau. Socrate & Euscbe , quiétoient avocats à Constantinople, ont euce titre , aussi-bien que le jurisconsulte NHarmenopule & plusieurs autres ; ce quimontre qu’il étoit alors affecté aux person-nes qui se distinguoient dans la science desloix.

Depuis, quand Charlemagne eut conçule dest’ein de faire refleurir les études ec-clésiastiques , on nomma scholaftiques lespremiers maîtres des écoles où l’on en-seignoit les lettres aux clercs. Quelques-uns cependant ont prétendu que par ceterme on n’entendoit que celui qui étoitchargé de leur montrer les langues , leshumanités & touc ce qu’on comprend fousle nom de Belles-lettres ; mais cette occu-pation n’étoit pas la seule du j'cholastìque.

Il devoir encore former les sujets auxhautes sciences, telles que la Philosophie& la Théologie, ou du-moins ces deuxfonctions auparavant séparées, furent réu-nies dans la même personne. Celui qu’onappelloit fcholaftique , se nomma depuisea certains lieux ecoldtre & théologal 9