296 SCI
ce qu’on appelle en terme de l’école , lesfix choses non - naturelles , il manifesteenfin fa présence par les symptômes quenous avons décrits ; mais en quoi consistecette disposition , quel est le vice quiproduit immédiatement la Jciatique & jesmaladies arthritiques ? ou rélide-t-il ?est-ce dans les parties solides, dans lesnerfs ou dans les humeurs ? c’est lur quoiles médecins font partagés , chacun al-léguant de son côté des preuves , siwiondémonstratives pour l’opinion qu’il sou-tient , du moins assez fortes pour détruirele sentiment de son adversaire ; il en ré-sulte que ces questions n’onc point étérésolues encore d’une maniéré satisfaisan-te , & l’inutilité des efforts qu’on a faitsde part & d’autre pour en venir â bout,prouve évidemment & la difficulté de l'en-treprise , St, le courage de ceux qu’ellen’a pas rebutés. Les anciens ont avancétrès-gratuitement, que c’étoient des ventsenfermés profondément dans les chairs ,qui donnoient naissance à la sciatique , lesmodernes n’ont pas été plus fondés à l’at-tribuer à un dépôt de matières acres ,épaisses, tartareuses , & à imaginer cesqualités dans la masse générale , des hu-meurs ; d’autres ont avancé trop géné-ralement , que les nerfs seuls avoient partà la production de la Jciatique , & qu’elleétoit en conséquence une maladie pure-ment spasmodique ou nerveuse ; ceux quiauroient pris un milieu, 6: qui en auroientfait une maladie mixte humorale & ner-veuse , n’auroient-ils pas approché plusde la vérité , ou du moins de la vraisem-blance ? Stahl & ses disciples Neuter ,Junker , &c. ont fait encore jouer ici fortinutilement , pour ne rien dire de plus ,un grand rôle à leur ame ouvrière ; maiscomme ils n’ont vu résulter aucun avan-tage de ces douleurs vives , opiniâtres &périodiques , ils ont cherché ailleurs unmotif qui ait pu déterminer l’atne quin’agit jamais fans raison , à exciter cetteaffection ; ils ont en conséquence imaginéque la Jciatique devoit sa naissmce auxmouvements plus considérables & aux ef-forts de 1 ame qui, pour le plus grandbien du corps . méditant l’excrétion hé-jnorrhoïdale , n’avoit pti l’obtenir : ainsi
S C I
les humeurs poussées en plus grande abon-dance vers ces parties , se répandoientaux environs & se jettoient préférable-ment sur la hanche ; de façon que suivanteux , la sciatique n’est produite que par1 erreur ou 1 impuissance de l’ame , qui estmise en dépense de forces, qui a troublétoute la machine fans avoir des forcessuffisantes St fans savoir si ce trouble au-roit une islùe favorable. Un peu plus deconnoistance dans cet être intelligent ,l’auroit fait rester dans l’inaction jusqu’à-ce qu’il eût été bien instruit que tous lesvaistèaux étoient disposés convenablement,& les humeurs préparées à seconder sesefforts ; & si ce principe du mouvementeûc eu plus d’empire fur la machine, ilauroit forcé les obstacles qui s’opposoient
ses deílèins , & au lieu d’une maladiefâcheuse , auroit excité une évacuationsalutaire ; par ce moyen , la sciatique eûtété à jamais inconnue , au grand avantagede l’humamté, tant la p instance & les lu-mières font nécestàiresau chefd’unétat,& tant il importe , quand on imagine ,de faire accorder les idées , sinon avecla vérité , du moins avec la vrasem-blance.
Nous ne tirons de l’observation presqueaucun éclaircissement fur ce qui regardecette maladie , soit qu’on l’ait trop négli-gée, rebuté par le travail pénible & secqu’elle exige,-pour courir la carrière plusfacile & fleurie du raisonnement , foiequ’en esset elle soit peu lumineuse parelle-même dans ce cas ; la plupart des ob-servations qu’on a faites fur le cadavre ,n’ont découvert dans les parties affectées,aucun dérangement sensible. CependantRiviere rapporte que la veuve de PierreAubert ayant á la hanche des douleurstrès-vives qui s’étendoient jusqu’au pié ,accompagnées d’une tumeur dont la pres-sion faisoit redoubler la douleur , qui de-venoic quelquefois lancinante ; on soup-çonna un abscès profond , on p >rte enconséquence le fer & le fou sur cette par-tie , l’ouverture faite ne donne issue àaucune matière purulente , quinze joursaprès le malade devient hydropique &meurt peu de temps après j on ouvre lecadavre , on disséqué la cuisse , & on
trouve