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Tome trentième.
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zir SCI

Ils définissent cette science des condi-tionnels , la connoistànce que Dieu a deschoses considérées du côté de leur essence,de leur nature ou de leur existence réelle,mais fous une certaine lupposition,laquelleentraîne une condition , qui cependant nefera jamais accomplie.

Ainsi, difent-ils, lorsque David fuyantla persécution de Saiil, demanda à Dieusi les habítans de Ceïla , ville où il s’étoitretiré, le livreraient à ses ennemis, Dieuqui savoir ce qui arriverait à David , aucas qu’il continuât de rester à Lesta, luirépondit : ils vous livreront, tradent. Ceque Dieu favoit, ajoutent-ils, par la sciencedes conditionnels.

Le P. Daniel remarque que les véritésqui font l’objet de la science des condition-nels , font fort différentes de celles que lascience de simple intelligence ou celle devision, ont pour objet ; que c’est une troi-sième clastè d’idées mitoyenne entre leschoses purement possibles, St les chosesqui existent ou existeront absolument.Mais les Thomistes & les Auguítiniensleur répondent que de deux choies l’une :ou les conditionnels font futurs fous unecondition qui doit être remplie , & qui lefera effectivement, & en ce cas ils ren-trent dans la classe des futurs absolus : ouils font futurs fous une condition qui nefera jamais remplie, & alors il faut lesranger dans le nombre des choses pure-ment possibles.

Au reste ces derniers ne refusent pasd’admettre cette J’cience des conditionnels ,comme une opinion philosophique , maisjls la combattent fortement considéréecomme opinion théologique , c’est-à-dire,comme nécessaire pour éclaircir les ques-tions de la prédestination , de la réproba-tion & de la grâce.

La science des conditionnels considéréefous ce rapport, est appellée dans les éco-les science moyenne , jcientia média. LesMolinistes qui l’ont imaginée , la définis-sent: la connoijsancc des conditionnels parlaquelle Dieuvoit ct que la créature librefera , ou ne fera pas de bien ou de malconditionnellement , c’est-à-dire , si danstelles ou telles circonstances Dieu lui ac-corde telle ou telle grâce. Ils la supposent

S C I

antérieure h tout décret absolu & efficaceen Dieu , & qu’elle dirige Dieu dans laformation de ses décrets. Cette opiniona ses derenseurs & sis adversaires, donton peut voir les raisons pour & contredans tous les théologiens modernes ,* & ilest libre de îa soutenir dans les écoles ,-quelques efforts qu’on ait fait pour lanoircir & pour la décrier. Voye[ AuGUS-tiniens » Thomistes , Molinis-tes , &c.

Science secrette, f Hist. de VEgl. )c’est félon Clément d’Alexandrie , la doc-trine particulière qui ne devoir être com-muniquée qu’aux parfaits , trop sublime &trop excellente pour le vulgaire, parcequ’elle est au-dessus de lui. II parait quece pere de l’Egliíe est un des premiers quiait tâché d’introduirc la discipline de lascience secrette chez les chrétiens ; caravant lui , personne ne l’imagina ; maisClément s’écarta de l’usage reçu, & se fitdes principes à part, semblables à ceux despayens, qui cachoient leurs mystères, &qui enveloppoient la science d’énigmes.Leur exemple l’entraîna, & on le voit aisé-ment par ce mot de Pindare qu’il rap-porte lui-même pour étayer son opinion :n expose^ point les anciennes doctrines enprésence de tout le monde ; la voie dufilcnccefl la plus sûre.

D’ailleurs, c’étoit une ancienne cou-tume des sages , de voiler la sagesse, &de ne la communiquer que par des emblè-mes , par des figures énigmatiques, & pardes sentences obscures. Les Egyptiens lefaisoient ; Pythagore l’avoit fait à leurexemple. Hipparque ayant osé décrier lesdogmes de Pythagore , & les expliquerdans un livre exprès, on le chassa de Pé-cule , & on lui éleva un tombeau, commes’il eût été mort. Il y avoit des ouvragesd’Épicure qu’on tenoit secrets ; il y enavojt de Zenon, & d’autres philosophes.Ainsi Clément d’Alexandrie se persuadalkns peine , qu’il y avoit aussi des doctrinessccrettes qu’il ne falloit communiquer quede vive voix de chrétien à chrétien, dignede le recevoir.

Cependant il ne faut pas s’imaginer »que ces doctrines sccrettes, que S. Clé-ment ne permet de communiquer qu’aux

paifaits