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d aille s antiques connues passeroit cinquantemille. ,
On ne peut gnere réfléchir fur la dé-couverte de tant de médailles , fans venirà se persuader qu’elles étoient originaire-ment des monnoies répandues dans le com-merco, c’est-à-dire des eípeces courantes, ou dans tout l’empire , ou du-moins dansles pays où elles ont été battues.
i°. L’uíàge des métaux monnoyés a detous temps été dans l’Empire y comme ilest encore aujourd’hui parmi nous j cetusage est absolument nécessaire dans lecommerce , depuis qu on ne trafique pluspar le seul échange des marchandises ; ilfaut donc croire qu’il n’a point été inter-rompu dans le siecle de Constantin, nonplus que dans les précédens. On ne peutdouter que durant tant de íiecles on n’aitfrappé une bien plus grande quantité depieces de monnoies que de jettons, quin’avoient aucun cours dans le commerce.Par quel miracle seroit-il arrivé que cesjettons seuls se fussent conservés, qu’onen trouvât une infinité par-tout , & qu’aucontraire il ne nous fût resté aucune mon-noie ? Quand on me dit qu’il nous est restébeaucoup moins de médaillons que de me-dailles , je réponds ausii-tôt que les mé-daillons n’étoient cFaucun usage dans lecommerce, & qu’il s’en frappoit beaucoupmoins que de monnoies ', mais quand onme demande pourquoi on trouve une in-finité de médailles , & qu’il ne nous resteplus aucune monnoie antique , je seroisforcé, si je convenois du fait, d’avouerque c’est un prodige.
2 f- H est constant que la plûpart des mé-dailles, foit d’argent, soit de bronze, quenous avons du temps de la république ( carpour parler médaillé , tout le monde faitqu on donne le nom de bronze au cuivre),ilest constant, dis-je , que c’étoient les mon-noies courantes. La plûpart en portent lamarque indubitable,qui est la valeur de cha-cune; fur celles d’argent le X a . le Q. leII-S, font voir qu’elles valoient tant d’as ;& fur celles de bronze, le nombre de o.co. cooo. dit qu’elles valoient une once ,deux onces, trois onces, quatre onces ,&c. Pourquoi donc du temps des empe-reurs n’aufoit-on pas continué la même
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chose, & pourquoi ces marques ne s’y trou-•vent-elles pas ? c’est que l’usage communfaisoit allez savoir, comme à-présent , lavaleur de chaque piece.
Ainsi nous ne nous étendrons point àrépéter les preuves que Patin a donnéesaprès Savot & les autres antiquaires, quetoutes les médailles que nous avons fontles vraies monnoies dont on se servoitdans ces temps-là : il suffit de rappellesceux qui seroient d’un sentiment contraireà ce miracle , qui sera toujours inconce-vable , puifqu’il n’y auroit que les médail-les qui auroient eu le bonheur de se con-server jusqu’à nos temps , pendant quetoutes les monnoies absolument se seroientperdues , fans que dans ces trésors qu’ontire encore tous les jours des entraillesde la terre, on en pût rencontrer unefeule.
3'"'. Quand les médailles déclarent elles—mêmes qu’elles font des monnoies, il mesemble qu’on doit les en croire fur leurpropre témoignage. Or nous avons dansle íìecle de Constantin plusieurs médaillesqui portent pour légende , Sacra Alo-neta Augg. & Coefs. NN. Pourquoi nevouloir pas lire dans les lettres initialesde l’exergue, ce qui se lit dans la légendetout au long , en expliquant S. M. parSacra Moneta , plutôt que par SocietasMercatorum ?
Nous avons aussi des médailles qui por-tent Moneta Urbis. Cela veut-il dire dasjettons ? Ce qui s’appelle monnoie du.prince ou monnoie de la ville , n’est pointfans doute un présent fait par des mar-chands gaulois. Nous avons enfin MonetaAugujii , & Moneta Augg. Dans Ha-drien , dans Antonin , dans SeptimeSevere & fous presque tous ses successeurs ;dans Trajan Dece, Trébonien , Galle ,Volufien , Valérien, Gallien , Salonien ,Posthume , Técricus, Claude le gothi-que ,• Tacite , Florien , Carus , CarinNumérien , &c. nous avons Moneta Au-gusti fur les médailles de quelques prin-cesses , comme de Julia Pia , &c. Sousd autres empereurs où on ne trouve pasMoneta , on trouve JEquitas Aug. avecle même type d’une femme assise ou de-bout qui tient une balance.