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Tome trentième.
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si lisses que ceux des médaillés frappéesou par les caractères qui ne font point francs,mais pochés & épatés , ou enfin par lestraits qui ne font ni si vifs ni si tranchans.On les reconnoît aussi par le poids qui esttoujours moindre ; car le métal fondupar le feu fe raréfie, au lieu que lorfqu’ilest battu il fe condense , & devient parconséquent plus pesant ; enfin quand lamédaille est jettée en moule , il reste or-dinairement la marque du jet, qui ne peutêtre bien effacée par la lime ; & les bordsqui ont besoin d’être arrondis, laissentauífi voir les coups de lime , qui sontune marque efíentielle de fausseté:

Comme les hommes deviennent dejour en jour plus rafinés, les uns à trom-per, les autres à fe défendre de la trom-perie , on a trouvé le moyen d’empêcherque l'on n’apperçût, dans le champ de lamédaille , les enfonçures que les grains defable y laissent par leur inégalité qui estinévitable. On les couvre d’un certain ver-nis obscur qui remplit ces petits creux, &l’on pique les bords pour les rendre rabo-teux. Si l’on parvient, fans le secours duvernis, à polir le champ avec le burin ,la fourberie n’en est que plus savante. IIfaut donc , pour s’en défendre, piquer levernis, s’il y en a, & on le trouverabeaucoup plus tendre que le vernis anti-que ; & s’il n’y en a point, il faut étudieravec attention la médaille , dont le champparoîtra infailliblement plus enfoncé ; en-fin si on a le toucher un peu délicat, ontrouvera le métal trop poli, au lieu quel’an tique a quelque chose de plus fort & deplus rude.. Ceux qui ne savent point cettefinestè , & la différence du poids dontnous avons parlé , admirent que Ton con-noisse quelquefois les médailles faussesfeulement à les manier.

U ne faut pas néanmoins rejetter certai-nes médailles, qui, ayant été enchâsséesdans de petites bordures ou de métal , oude corneou de bois, ont les bords li-més , parce qu’i! a fallu les arrondir ;car cela n’empêche pas qu’elles ne soientbonnes & antiques : c’est pour cela que lesconnoisseurs disent communément quequelquefois, les bords justifient le champ

de ìa-málaille, & que quelquefois aussi le

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champ rend témoignage aux bords, quipar accident ont reçu quelque disgrâce-

La troisième ruse, est de réparer fine-ment les médailles antiques, en forte quede frustes & d’effacées qu’elles étoient,elles paroissent nettes & lisibles. On con-noit des gens qui y réussiílènt parfaite-ment , & qui savent avec le burin enle-ver la rouille, rétablir les lettres, polirle champ, & ressusciter des figures quine paroissent presque plus.

Quand les figures font en partie mangées,il y a une forte de mastic que l’on appliquefur le métal, & qu’on retaille fort pro-prement ensuite : le tout étant couvert devernis, fait paroitre les figures entieres& bien conservées. On découvre ce dégui-se.nent avec le burin dont on fe sert pourégratigner quelque petit endroit de la mé-daille ; si l’on s’apperçoit qu’il morde plusaisément sur une partie que sur l’autrec’est la preuve que le morceau est ajouté.

Cependant, quand l’œil est accoutuméaux médailles , on trouve fur celles-ci decertains coups de burin trop enfoncés, desbords trop élevés, des traits raboteux &mal polis, par lesquels on devine qu’ellesont été retouchées : cela ne dégrade pasabsolument une médaille antique, mais leprix en diminue du tout au tout.

Le quatrième artifice, c’est de frapperdes coins exprès fur certaines médailles an-tiques les plus rares, que l’on restitue denouveau, & que l’on fait passer pour'véritables , avec d’autant plus d’apparen-ce , qu’il est visible qu’elles ne font nimoulées ni retouchées.

C’est en quoi le Padouan & le Parméfantont si bien réussi, que leurs fauíssis mé-dailles font devenues une partie ae la cu-riosité. Le Padouan a plus de force, leParméfan plus de douceur : en général onns peut pas approcher de plus près Canti-que que ces deux ouvriers l’ont fait. Ce-pendant leur maniéré finie & délicate nsvaut point cet air fier de l’antique , quitient beaucoup plus du grand. On les re-connoît encore par le trop de conserva-tion , qui les rend suspects ; par Puni dumétal, & principalement par le poids quiest moindre que celui du métal antique.Peut-être encore que si l’on examinoic