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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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27i EXPOSITION

Les eaux de la mer cédant en vertu de leur fluidité, aux attrac-tions du soleil et de la lune 5 il semble au premier coup dœîl, queleur réaction ne doit point influer sur les mouvemens de laxe dela terre : aussi, Dalembert et tous les géomètres qui se sont occupésaprès lui, de ces mouvemens, lont entièrement négligée ; ils sontmême partis de-, pour concilier les quantités observées de laprécession et de la nutation, avec les mesures des degrés terrestres.Cependant, un plus profond examen de cette matière nous montreque la fluidité des eaux nest pas une raison suffisante pour négligerleur effet sur la précession des équinoxes; car si dun côté, ellesobéissent à laction du soleil et de la lune; dun autre côté, lapesanteur les ramène sans cesse vers létat déquilibre, et ne leurpermet de faire que de très-petites oscillations ; il est donc possibleque par leur attraction et leur pression sur le sphéroïde quellesrecouvrent, elles rendent, au moins en partie, à laxe de la terre,les mouvemens quil en recevroit, si elles venoient à se consolider.O11 peut dailleurs, sassurer par un raisonnement foTt simple, queleur réaction est du même ordre que laction directe du soleil et dela lune, sur la partie solide de la terre.

Imaginons que celte planète soit homogène et de même densitéque la 111er; supposons de plus que les eaux prennent à chaqueinstant, la figure qui convient à léquilibre des forces qui lesaniment. Si dans ces hypothèses , la terre devenoit tout-à-coup rentièrement fluide, elle conserveroit la même figure, et toutes sesparties se feroieut mutuellement équilibre ; laxe de rotation 11au-roit donc aucune tendance à se mouvoir, et il est visible que celadoit subsister encore, dans le cas une partie de cette masse for-meroit en se consolidant, le sphéroïde que recouvre la mer. Leshypothèses précédentes servent de fondement aux théories deNewton sur la figure de la terre, et sur le flux et le reflux de lamer : il est assez remarquable, que dans le nombre infini de cellesque lon peut faire sur les mêmes objets, ce grand géomètre en aitchoisi deux qui ne donnent ni précession, ni nutation ; la réactiondes eaux détruisant alors, leffet de laction du soleil et de la lunesur le noyau terrestre, quelle que soit sa figure. Il est vrai que cesdeux hypothèses et sur-tout la dernière ne sont pas conformes à