DU SYSTÈME DU MONDE. 289
CHAPITRE PREMIER.
De VAstronomie ancienne, jusqu’à l’époque de la fondationde l’école d’Alexandrie.
Le spectacle du ciel dut fixer dans tous les temps, l’attention deshommes, sur-tout dans ces lieureux climats où la séi'énité de l’airinvitoit à l’observation des astres. On eut besoin pour l’agricul-ture , de distinguer les saisons, et d’en fixer le retour : on ne tardapas à reconnoître que le lever et le coucher des principales étoiles,au moment où elles se plongent dans les rayons solaires, ou quandelles s’en dégagent, pouvoient servir à cet objet. Aussi voit-onchez presque tous les peuples, ce genre d’observations remonterjusqu’aux temps dans lesquels se perd leur origine. Mais quelquesremarques grossières sur le lever et le coucher des étoiles, neformoient point une science; et l’Astronomie n’a commencé qu’àl’époque où les observations antérieures ayant été recueillies etcomparées entr’elles, et les inouvemens célestes ayant été suivisavec plus de soin qu’on ne l’avoit fait encore; on essaya de déter-miner les loix de ces mouvemens. Celui du soleil dans un orbeincliné à l’équateur, le mouvement de la lune, la cause de ses phaseset des éclipses, la connoissance des planètes et de leurs révolutions,la sphéricité de la terre et sa mesure, ont pu être l’objet de cetteantique Astronomie; mais le peu de monumens qui nous en reste,est insuffisant pour en fixer l’époque et l’étendue. Nous pouvonsseulement juger de sa haute antiquité, par les périodes astrono-miques qui nous sont parvenues, par quelques notions justes desCaldéens et des Egyptiens sur le système du monde, et par le rap-port exact de plusieurs mesures très-anciennes, à la circonférencede la terre. Telle a été la vicissitude des choses humaines, quecelui des arts, qui peut seul transmettre à la postérité, d’une manière
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