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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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ensuite attiré sa curiosité ; il alla les chercher aux bords du Gange.De retour dans sa patrie, le despotisme sous lequel elle gémissoitalors , le força de s’en exiler, et il se retira en Italie où il fonda sonécole. Toutes les vérités astronomiques de l’école ionienne, furentenseignées avec plus de développement, dans celle de Pythagore;mais ce qui la distingue principalement, est la connoissance desdeux mouvemens de la terre, sur elle-même et autour du soleil.Pythagore prit soin de la cacher au vulgaire, à l’imitation desprêtres égyptiens auxquels il en étoit, probablement, redevable:elle fut exposée dans un grand jour, par son disciple Philolaus.

Suivant les Pythagoriciens, non-seulement les planètes, mais lescomètes elles-mêmes, sont en mouvement autour du soleil. Ce nesont point des météores passagers formés dans l’atmosphère, maisdes ouvrages éternels de la nature. Ces notions parfaitement justesdu système du monde, ont été saisies et présentées par Sénèque,avec l’enthousiasme qu’une grande idée sur l’un des objets les plusVastes des connoissances humaines , doit exciter dans l’ame duphilosophe. «Ne nous étonnons point, dit-il, que l’on ignore encore» la loi du mouvement des comètes dont le spectacle est si rare, et» qu’on ne connoisse ni le commencement ni la fin de la révolution» de ces astres qui descendent d’une énorme distance. Il n’y a pas» quinze cents ans, que la Grèce a compté les étoiles, et leur a

» donné des noms.Le jour viendra que par une étude suivie

» de plusieui's siècles, les choses qui sont cachées actuellement,» paroîtront avec évidence ; et la postérité s’étonnera que des vérités» si claires nous ayent échappé ».

On pensoit encore dans la même école, que les planètes sonthabitées , et que les étoiles sont des soleils disséminés dans l’espace,et les centres d’autant de systèmes planétaires. Ces vues philoso-phiques auroient dû par leur grandeur et leur justesse, entraînerles suffrages de l’antiquité ; mais ayant été enseignées avec des opi-nions systématiques, telles que l’harmonie des sphères célestes ; etmanquant d’ailleurs , des preuves qu’elles ont acquises depuis, parleur accord avec toutes les observations • il n’est pas surprenant queleur vérité contraire aux illusions des sens, ait été méconnue.

L’histoire de l’astronomie chez les Grecs, n’offre plus rien de

remarquable,