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Tome trentième.
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Cette herbe est en toutes saisons le meil-leur fourrage que les bœufs, les vaches &les mourons puissent manger ; les Angloisassurent qu’elle est un remede pour cesderniers Iorsqu’ils font malades.

La paille du ray-grafs dont on aura tiréla semence , est une très-bonne nourriturepour toute espece de bétail ; il n’en estpoint qui ne la mange avec avidité.

L’abondance du ray-grafs tient du pro-dige , puifqu’elle égale & surpasse mçmecelle âes trèfles ,àes luzernes ècàvt sainfoin.Suivant hauteur des élémens du commer-ce , quatre acres de terre, faisant aux en-virons de quatre arpens de Paris, huit.arpens de Lorraine, ont rendu en An-gleterre quarante quarters de graine &quatorze charretées de fourrages , noncompris J’engrais de sept à huit vaches auprintemps & autant en automne.

_ Le quarter en blé, plus pésant à la vé-rité que le ray-grafs , pese 460 Iiv. poids demarc , les 40 font 76 septiers & une mine ,mesure de Paris, ou 18400 liv.

L’arpent de Paris m’a rendu chaqueannée entre iz, & 18 milliers de cet

excellent fourrage. Toutes les terres nedonneront pas des récoltes aussi abondantesen ray-grafs , sur-tout st elles n’ont reçuqu'un labour & point d’engrais ; mais jeluis persuadé que st elles étoient prépa-rées par plusteurs labours & couvertes d’en-grais , comme cela se pratique en Angle-terre pour toute espece de prairies artifi-cielles , & en France pour les trèfles , lesluzernes Sc le sainfoin: je fuis persuadé ,dis-je , que le ray-grass donneroit des ré-coltes plus considérables encore que cellesque j'ai faites jusqu’icì sur toutes mes plan-tations.

Moyens pour rendre générale la culture dufaux seigle ou ray-grass , & pour tirer unparti trìs-avantageux des terres en friche ,appellées communes.

Le ray-grafs , comme on l’a vu précé-demment , réussit dans toute forte deterres, fans exiger absolument ces laboursauísi nombreux, & (j es engrais en auísigrande quantité que les trèfles , les luzernes& le sainfoin, Son abondance est dçs plus

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grandes ; son foin est excellent j tant poutla nourriture que pour l’engrais du bétail.

Malgré tous ces avanranges, la culturedu ray-grafs ne fera jamais aussi généralequ’il seroic à souhaiter qu’elle le futpour la perfection de notre agriculture,si le gouvernement ne l’appuie de sonautorité.

Le ray-grafs ne soufre point de parcoursdu bétail , e’est le seul inconvénient queje lui connoiste. Cette plante a des racinessi foibles qu’il l’arracheroit en le pâturant,sur-tout dans les terres légeres & sablon-neuses; elle ne peut être cultivée avecsuccès que dans des terrains enclos demurailles ou de haies vives. Dès-lors laculture du ray-grafs trouvera des entravespar-tout. Les villages qui possèdent les ter-rains les plus considérables, soit en terreslabourables, soit en communes, ne pour-ront se procurer les avantages attachés àla culture du ray-grafs , vu íe droit de par-cours établi dans toute la Lorraine & dansla plupart des provinces de France , auplus grand préjudice de l’agriculture , si legouvernement, à l’imitation de celui d’An-gleterre ne rompt ces entraves, en dé-truisant ce droit abusif qui fait tomber ennonvaleur les terres qui y font assujetties.Cette perte, dit l’ami des hommes, tombeencore plus fur le pauvre, qui n’a d’in-térêt que d’être au milieu d’une forteagriculture , dont les travaux multipliés lefont vivre & le rendent nécessaire.

Qu’un arrêt irrévocable permette àtouc propriétaire d’enclore ses héritages,de les labourer , de les ensemencer commeil jugera à propos, & qu’on fasse sortirdu néant toutes les communes , en lespartageant à tous les particuliers résidansdans les villages fur le territoire desquelselles se trouvent ; cet arrêt sera l’e'poqued’une révolution avantageuse & nécessaireà notre agriculture ; nos récoltes double-ront , tripleront. M. de Micabau ne craintpoint d’avancer, que le seul avantage de!a clôture des héritages a décuplé quel-quefois les revenus d’une terre.

Les communes une fois partagées, fe-ront autant de nouveaux fonds que l’étatacquérera en enrichissant le particulier ;

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