D IT SYSTÈME DU MONDE. 5o3qu’elles supposent, étoit trop considérable; on peut soupçonnerque leur comparaison avec les éclipses dans lesquelle^ cette équa-tion paroît augmentée de l’équation annuelle de la lune, a confirméHipparque dans son erreur, et peut-être même l’a produite. Il setrompoit encore, en regardant comme un cercle, l’orbe elliptiquedu soleil; et la vitesse réelle de cet astre, comme étant uniforme.Nous sommes assurés aujourd’hui, du contraire, par les mesuresde son diamètre apparent ; mais ce genre d’observations étoit impos-sible au temps d’Hipparque; et ses tables du soleil, malgré leurimperfection, sont un monument durable de son génie , quePtolémée, trois siècles après, respecta sans y toucher.
Ce grand astronome considéra ensuite, les mouvemens de lalune ; il mesura la durée de sa révolution, par la comparaison des-éclipses; il détermina l’excentricité et l’inclinaison de son orbite,les mouvemens de ses nœuds et de son apogée, et sa parallaxe dontil essaya de conclure celle du soleil, par la largeur du cône d’ombreterrestre, au point où la lune le traverse dans ses éclipses; ce qui leconduisit à-peu-près, au résultat d’Aristarque. Il fit un grandnombre d’observations des planètes; mais trop amateur de la vérité,pour proposer sur leurs mouvemens, des théories incertaines, illaissa le soin de les établir, à ses successeurs.
Une nouvelle étoile qui parut de son temps, lui fit entreprendreun catalogue de ces astres, pour mettre la postérité en état dereconnoître les cliangemens que le spectacle du ciel pourroit éprou-ver dans la suite : il sentoit d’ailleurs, l’importance de ce catalogue,pour les observations de la lune et des planètes. La méthode dontil se servit, est celle qu’Aristille et Timocliaris avoient déjà em-ployée , et la même que nous avons exposée dans le premier livre.Le fruit de cette longue et pénible entreprise, fut l’importantedécouverte de la précession des équinoxes. En comparant ses obser-vations, à celles de ces astronomes; Hipparque reconnut que lesétoiles avoient changé de situation par rapport à l’équateur, etqu’elles avoient conservé la même latitude au-dessus de l’éclip-tique; en sorte que pour expliquer ces changemens divers, il suf-fisoit de donner à la sphère céleste, autour des pôles de l’écliptique,un mouvement direct d’où résultoit un mouvement rétrograde,