DU SYSTEME DU MONDE. 3o5
uniforme et circulaire, comme le plus parfait et le plus simple,clevoit être celui des astres. Cette erreur s’est maintenue jusqu’àKepler qu’elle a, pendant long-temps, arrêté dans ses recherches.Ptolémée l’adopta, et plaçant la terre au centre des mouveinenscélestes, il essaya de représenter leurs inégalités, dans ces fausseshypothèses. Eudoxe avoit déjà imaginé pour cet objet, d’attacherchaque planète, à plusieurs sphères concentriques douées de inou-vemens de rotation, divers ; mais cette grossière hypothèse, incom-patible d’ailleurs, avec les variations des distances des astres à laterre, mérite à peine que l’on en fasse mention dans l’histoire del’Astronomie. Une idée beaucoup plus ingénieuse, consiste à fairemouvoir sur une première circonférence dont la terre occupe lecentre, celui d’une seconde circonférence sur laquelle se meut lecentre d’une troisième circonférence, et ainsi de suite, jusqu’à ladernière circonférence que l’astre décrit uniformément. Si le rayond’une de ces circonférences, surpasse la somme des autres rayons;le mouvement apparent de l’astre autour de la terre, est composéd’un moyen mouvement uniforme, et de plusieurs inégalités dé-pendantes des rapports qu’ont entr’eux, les rayons des diversescirconférences, et les mou vemens de leurs centres et de l’astre; onpeut donc, en multipliant et en déterminant convenablement cesquantités, représenter les inégalités de ce mouvement apparent.Telle est la manière la plus générale d’envisager l’hypothèse desépiciclcs et des excentriques, que Ptoléinée adopta dans ses théoriesdu soleil, de la lune et des planètes, qu’il eût pu rendre beaucoupplus simples, paryine combinaison plus heureuse des épicicles etde leurs inouvemens. Il supposa ces astres mus autour de la terre,dans cet ordre de distances ; la Lune, Mercure, Vénus , le Soleil,Mars, Jupiter et Saturne. Les astronomes étoient partagés sur laplace que dévoient occuper Vénus et Mercure: les plus anciensdont Ptolémée suivit l’opinion, les mettoient au-dessous du soleil;quelques autres les plaçoient au-dessus ; enfin, les Egyptiens lesfaisoient mouvoir autour de cet astre. Il est singulier que Ptoléméen’ait pas même fait mention de cette dernière hypothèse qui reve-noit à placer le soleil, au centre des épicicles de ces deux planètes,au lieu de les faire tourner autour d’un centre imaginaire. Mais
Q<1