3o6 EXPOSITION
persuadé que son système pouvoit seul, convenir aux trois pla-nètes supérieures, il est vraisemblable qu’il le transporta aux deuxinférieures, égaré par une fausse application du principe de l’uni-formité des loix de la nature, qui, s’il étoit parti de la découvertedes Egyptiens sur les mouvemens de Mercure et de Vénus, l’auroitconduit au vrai système du monde.
Si l’on peut, au moyen des épicicles, satisfaire aux inégalités du»mouvement apparent des astres; il est impossible de représenterà-la-fois, les variations de leurs distances. Au temps de Ptolémée,.ces variations étoient bien peu sensibles relativement aux planètesdont on ne pouvoit pas alors mesurer avec exactitude, les dia-mètres appareils. Mais les observations de la lune sufiisoientpourlui montrer l’erreur de ses hypothèses suivant lesquelles le dia-mètre de la lune périgée dans les quadratures, seroit double de sondiamètre apogée dans les sysigies. Les mouvemens des planètes enlatitude, formoient de nouveaux embarras dans son système ;chaque inégalité nouvelle que l’art d’observer , en se perfection-nant, faisoit découvrir, le surchargeoit d’un nouvel épicicle ; ainsi,au lieu d’avoir été confirmé par les progrès ultérieurs de l’Astro-nomie , il n’a fait que se compliquer de plus en plus, et cela seul doitnous convaincre que ce système n’est point celui de la nature. Maisen le considérant comme un moyen d’assujétir au calcul, les mou-vemens célestes ; cette première tentative sur un objet aussi com-pliqué, fait honneur à la sagacité de son auteur. Telle est la foi-blesse de l’esprit humain, qu’il a souvent besoin de s’aider d’hypo-thèses, pour lier entr’eux les phénomènes et pour en déterminerles loix : en bornant les hypothèses à cet usage; en évitant de leurattribuer une réalité qu’elles n’ont point , et en les rectifiant sanscesse, par de nouvelles observations; on parvient enfin aux causesvéritables, ou du moins, on peut y suppléer et conclure des phéno-mènes observés, ceux que de nouvelles circonstances'doivent dé-velopper. L’histoire de la philosophie nous offre plus d’un exempledes avantages que peuvent, sous ce point de vue, procurer les hypo-thèses, et des erreurs auxquelles on s’expose en les réalisant.
Ptolémée confirma le mouvement des équinoxes, découvert parHipparque : en comparant ses observations, à celles de ses prédé-