DU SYSTÈME DU MONDE. 3*3je viens de parler. On y voit depuis le siècle d’Almanzor, jusqu’autemps d’Ib Junis, une longue suite d’observations d’éclipses, d’équi-noxes , de solstices, de conjonctions des planètes, et d’occultationsd’étoiles, observations extrêmementimportantes pour la perfectiondes théories astronomiques,et qui ontmis'hors de doute, les équa-tions séculaires de la lune, par rapport au soleil, à son périgée et àses nœuds, les diminutions séculaires de l’excentricité de l’orbeterrestre, et de son inclinaison à l’équateur, et le mouvement dupérigée de cet orbe, dont Ib Junis a déterminé la position, plusexactement encore, qu’Albatenius. Les astronomes arabes étoientparvenus à reconnoître l’inexactitude des observations de Ploléméesur les équinoxes ; et en comparant leurs propres observations,soit entr’elles, soit à celles d’Hipparque, ils avoient fixé-avec unegrande précision, la longueur de l’année : celle d’Ib Junis, n’excèdela nôtre que de 4", 2. Il paroît par cet ouvrage , et par les titres deplusieurs manuscrits existans dans nos bibliothèques, que les Arabesse sont spécialement occupés de la perfection des instrumens astro-nomiques : les traitesqu’ils ont laissés sur cet objet, prouvent l’im-portance qu’ils y attachoient, et cette importance garantit la justessede leurs observations. Ils apportèrent encore un soin particulier,à la mesure du temps, par les clepsidres à eau, par d'immensescadrans solaires, et même par les vibrations du pendule. Mais leuractivité pour les observations , ne s’étendit point à la recherche descauses ; et sur ce point, ils ne firent aucun changement au systèmede Ptolémée.
Les Perses soumis long-temps, aux mêmes souverains que lesAx’àbes, et professant la même religion , secouèrent vers le milieude l’onzième siècle, le joug des califes. A cette époque, leur calendrierreçut par les soins de l’astronome Omar Cheyam, une forme nou-velle fondée sur l’intercalation ingénieuse de huit années bissextilesen trente-trois ans, intercalation que Dominique Cassini proposavers la fin du dernier siècle, comme plus exacte et plus simple quel’intercalation Grégorienne, ignorant que les Perses depuis long-temps, en faisoient usage. Holagu Uecoukan, un de leurs souve-rains , rassembla les astronomes les plus instruits , à Maraglia où ilfit construire un magnifique observatoire dont il confia la direction
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