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ftaix d’une diversité iì frappante ? Nonsans doute !
Inattention profonde & trop suivie dé-truit Ja force des fibres, cause des mauxde tête par le resserrement des membranesdu cerveau , un dessèchement dans le sang& les esprits, & finalement une imagina-tion dépravée. Voyons donc ce que c’eslÇUe rimagination.
If imagina, ion est la représentation d’unJ>bjet absent par des images tracées dansje cerveau. C est une perception née d’unesoée que des causes internes ont produites,semblables à quelques-unes de celles quems cauíbs externes ont çoutume de tairessûtre. IIaller raconte qu’ayant la fievre ,}'• voyait , les yeux fermés, de terriblesî n cendies, & le monde tomber en ruine ;d dit qu’il n’étoit pas la dupe de ces sortesd ìilufions, qu'il dilíipoit d'ailleurs en ou-Vr ant!cs yeux, Le que ses/I/r, externes lui dé-f°uvroient ! erreur de fcs sens internes. Sonimagination éroit alors échauffée par desmutâmes, c'est-à-dire , que les nerfs agitésdans leur origine augmentaient la force dem circulation du sang dans !e cerveau, ?as-c ba| épuisé d’étude & de méditation,voyoittoujours, ctant au lit, un précipice de feudont il fuioit le garantir par quelque rem-part. C’étoit-Ià une forte de vertige desefpeco de celui de Haller ayant la fievre.•Le sang agité , épanché, ou prêt à l'étre >ponne lieu à de tels spectres. Galien ,mune encore, fe fit un grand honneur à
. me > pour avoir prédit dans une .pa-reille circonstance , une hémorrhagic
militaire.
Quand l’ame ne peut fe détromper parmsyew externes, de la non-exiíbencc desfantômes que les sens internes lui pré-sentent , comme éroit celui qui croyoicavoir un nez de verre ; ceux qui fe per-suadent être obligés de suivre tel régi-ment , dans Tidée qu’ils y ont été enga-gés , & autres chimères : c’est dans cecas une efpece de manie, mal qui de-mande des remedes, & qui y cede quel-quefois. Quiconque jettera les yeux furiesfristes effets du dérangement de l’imagi-^ation , comprendra combien elle est cor-ïorelle , £- combien est étroite la liaisonTome XXX.
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qu’il y a entre les mouvemens vitaux &les mouvemens animaux.
La mémoire , qui est le souvenir deschoses qui ont fait des traces dans lecerveau , est un quatrième sens interne ,fr dépendant des organes du corps, quellefe fortifie , & s’affoiblit, selon les chan-gemens qui arrivent à la machine. Ni laconversation, ni la connoiffance des choses,ni le sentiment interne de notre propreexistence ne peuvent résister en nous fansla mémoire. Wepfer parle d'u n rnalaoequi avoit perdu les idées des choies ; ilprenoit le manche pour le creux de lacueillere; il en a vu un autre qui ne pou-voir jamais finir fa phrase, parce qu’ilperdoit d’abord la mémoire du commen-cement de son idée. II donne l’histoire d’untroisième , qui voyant les lettres , nepouvoir plus les épeler.
Un homme qui perdroit toute mémoire,ne feroit pas même un erre pensant ; carpeut-on penser sans elle ? Cela ne répugnepoint aux phénomènes des maladies danslesquelles nous voyons les malades faireplusieurs actions, dont ils n’ont aucuneréminiscence, lorlqu’iîs sont rétablis ; or,ces actions que l’ame fait fansconnoilìànce,fans jugement, doivent être rangées parmiles mouvemens automatiques qui fe trou-vent par-tout pour conserver la machine.M. Jean le Clerc si connu dans la répu-blique des lettres, & frété de M. Danielle Clerc, non moins célèbre par son his-toire de la médecine , a écrit que la fievrefuffisoit pour bouleverser toutes les tracesdes images dans le cerveau , & causer unoubli universel ; i! a été lui-méme un tristeexemple de cette vérité ; après une petitefievre de deux ou trois jours, il tombadans l’oubli total de tout ce qu’il avoitjamais fait & su ; l'enfance & ! imbécillitésuccédèrent ; le savant ne fut plus qu’unobjet de pitié !
Thucidíde raconte que dans la pested’Afrique , plusieurs personnes perdirententierement la mémoire. Mais tous lesjours la perte oe cette faculté n’eíf-elíepas dépendante du sommeil, du vin , del’apop’exie, de la chaleur excessive ? Etpuis, elle fe rétablit avec le temps pardes remedes convenables. Enfin 1 bydro-
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