DU SYSTEME DU MONDE. 34i
CHAPITRE VI.
Considérations sur le Système du monde, et sur les progrèsfuturs de Vyistronomie.
Arrêtons présentement nos regards sur la disposition'dusystème solaire , et sur ses rapports avec les étoiles. Le globe im-mense du soleil foyer de ses mouvemens, tourne en vingt-cinqjours et demi, sur lui-même; sa surface est recouverte d’un océande matière lumineuse dont les vives effervescences forment destaches variables, souvent très-nombreuses, et quelquefois pluslarges que la terre. Au-dessus de cet océan , s’élève une vasteatmosphère : c’est au-delà que les planètes avec leurs satellites, semeuvent dans des orbes presque circulaires, et sur des plans peuinclinés à l’équateur solaire. D’innombrables comètes, après s’êtreapprochées du soleil, s’en éloignent à des distances qui prouventque son empire s’étend beaucoup plus loin que les limites con-nues du système planétaii’e. Non-seulement cet astre agit par sonattraction*sur tous ces globes, en les forçant à se mouvoir autourde lui; mais il répand sur eux, sa lumière et sa chaleur. Sonaction bienfaisante fait éclore les animaux et les plantes qui cou-vrent la terre, et l’analogie nous porte à croire qu’elle produitde semblables effets sur les planètes ; car il n’est pas naturel depenser que la matière dont nous voyons la fécondité se développeren tant de façons, est stérile sur une aussi grosse planète que Jupiterqui, comme le globe terrestre, a ses jours, ses nuits et ses années,et sur lequel les observations indiquent des changemens qui sup-posent des forces très-actives. L’homme fait pour la températuredont il jouit sur la terre, ne pourroit pas, selon toute apparence,vivre sur les autres planètes : mais ne doit-il pas y avoir une infinitéd’organisatipns relatives aux diverses températures des globes de