DU SYSTÈME DU MONDE. 545
triques, ou du moins, ils n’auroient pu avoir de petites excen-tricités , que par le hasard le plus extraordinaire. Enfin, on nevoit pas dans l’hypothèse de Buffon, pourquoi les orbes d’en-viron quatre-vingt-dix comètes déjà observées, sont tous fortalongés ; cette hypothèse est donc très-éloignée de satisfaire auxphénomènes précédens. Voyons s’il est possible de s’élever à leurvéritable cause.
Quelle que soit sa nature ; puisqu’elle a produit ou dirigé les mou-vemens des planètes et des satellites, il faut qu’elle ait embrassé tousces corps ; et vu la distance prodigieuse qui les sépare, elle ne peutavoir été qu’un fluide d’une immense étendue. Pour leur avoirdonné dans le même sens, un mouvement presque circulaire autourdu soleil ; il faut que ce fluide ait environné cet astre, comme uneatmosphère. La considération des mouvemens planétaires nousconduit donc à penser qu’en vertu d’une chaleur excessive, l’atmo-sphère du soleil s’est primitivement étendue au-delà des orbes detoutes les planètes, et qu’elle s’est resserrée successivement, jusqu’àses limites actuelles ; ce qui peut avoir eu lieu par des causes sem-blables à celle qui fit briller du plus vif éclat, pendant plusieursmois, la fameuse étoile que l’on vit tout-à-coup, en 1672, dans laconstellation de Cassiopée.
La grande excentricité des orbes des comètes, conduit au mêmerésultat. Elle indique évidemment, la disparition d’un grand nombred’orbes moins excentriques; ce qui suppose autour du soleil, uneatmosphère qui s’est étendue au-delà du périhélie des comètes ob-servables , et qui, en détruisant les mouvemens de celles qui l’onttraversée pendant la durée de sa grande étendue, les a réunies ausoleil. Alors, on voit qu’il ne doit exister présentement, que lescomètes qui étoient au-delà, dans cet intervalle; et comme nous nepouvons observer que celles qui approchent assez près du soleil,dans leur périhélie ; leurs orbes doivent être fort excentriques.Mais , en même temps, on voit que leurs inclinaisons doiventoffi’ir les mêmes irrégularités, que si ces corps ont été lancés auhasard ; puisque l’atmosphère solaire n’a point influé sur leursmouvemens. Ainsi, la longue durée des révolutions des comètes,la grande excentricité de leurs orbes, et la variété de leurs
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