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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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546 EXPOSITION

inclinaisons, sexpliquent très-naturellement, au moyen de cette

atmosphère.

Mais comment a-t-elle déterminé les mouvemens de révolutionet de rotation des planètes ? Si ces corps avoient pénétré dans cefluide, sa résistance les auroit fait tomber sur le soleil ; on peutdonc conjecturer quils ont été formés aux limites successives decette atmosphère, par la condensation des zones quelle a aban-donner dans le plan de son équateur, en se refroidissant et en secondensant à la surface de cet astre ; comme on la vu dans le livreprécédent. On peut conjecturer encore que les satellites ont étéformés dune manière semblable, par les atmosphères des planètes.Les cinq phénomènes exposés ci-dessus , découlent naturellementde ces hypothèses auxquelles les anneaux de Saturne ajoutent unnouveau degré de vraisemblance. Enfin, si dans les zones aban-données successivement par latmosphère solaire, il sest trouvédes molécules trop volatiles pour sunir entrelles ou aux corpscélestes ; elles doivent, en continuant de circuler autour du soleil,nous offrir toutes les apparences de la lumière zodiacale , sansopposer une résistance sensible aux mouvemens des planètes.

Quoi quil en soit de cette origine du système planétaire, que jeprésente avec la défiance que doit inspirer tout ce qui nest point unrésultat de lobservation ou du calcul 5 il est certain que ses élémenssont ordonnés de manière quil doit jouir de la plus grande stabilité ,si des causes étrangères ne viennent point la troubler. Par cela seulque les mouvemens des planètes et des satellites sont presque circu-laires , et dirigés dans le même sens et dans des plans peu différens ;ce système ne fait quosciller autour dun état moyen dont il nesécarte jamais que de quantités très-petites; les moyens mouvemensde rotation et de révolution de ses différens corps, sont uniformes,et leurs distances moyennes aux foyers des forces principales qui lesaniment, sont constantes. Il semble que la nature ait tout disposédans le ciel, pour assurer la durée de ce système, par des vuessemblables à celles quelle nous paroit suivre si admirablement surla terre, pour la conservation des individus et la perpétuité desespèces. Cette considération seule expliqueroit la disposition dusystème planétaire, si le philosophe ne devoit pas étendre plus loin