DU SYSTÈME DU MONDE. 34y
sa vue, et chercher dans les loix primordiales de la nature, la causedes phénomènes le mieux indiqués par l’ordre de l’univers. Déjà,quelques-uns de ces phénomènes ont été ramenés à ces loix : ainsi,la stabilité de l’axe de la terre à sa surface, et celle de l’équilibredes mers, l’une et l’autre,si nécessaires à la conservation des êtresorganisés, ne sont qu’un simple résultat du mouvement de rota-tion , et de la pesanteur universelle. Par sa rotation, la terre a étéapplatie à ses pôles, et son axe de révolution est devenu l’un desaxes principaux autour desquels le mouvement de rotation estinvariable. En vertu de leur pesanteur, les couches les plus densesse sont rapprochées du centre de la terre dont la moyenne densitésurpasse ainsi celle des eaux qui la recouvrent ; ce qui suffit pourassurer la stabilité de l’équilibre des mers, et mettre un frein à lafureur des flots. Enfin, si les conjectures que je viens de proposersur l’origine du système planétaire, sont fondées ; la stabilité de cesystème est encore une suite des loix générales du mouvement.Ces phénomènes et quelques autres semblablement expliqués, nousautorisent à penser que tous dépendent de ces loix, par des rap-ports plus ou moins cachés,qui doivent être le principal objet de nosrecherches; mais dont il est plus sage d’avouer l’ignorance, que d’ysubstituer des causes imaginaires.
Portons maintenant, nos regards, au-delà du système solaire.D’innombrables soleils qui peuvent être les foyers d’autant desystèmes planétaires, sont répandus dans l’immensité de l’espace,à un éloignement de la terre, tel que le diamètre entier de l’orbeterrestre, vu de leur centre, est insensible. Plusieurs étoiles éprou-vent dans leur couleur et dans leur clarté, des variations pério-diques très-remarquables : il en est d’autres qui ont paru tout-à-coup, et qui ont disparu, après avoir, pendant quelque temps,répandu une vive lumière. Quels prodigieux changemens ont dûs’opérer à la surface de ces grands corps, pour être aussi sensiblesà la distance qui nous en sépare? Combien ils doivent surpasserceux que nous observons à la surface du soleil, et nous convaincreque la nature est loin d’être toujours et par-tout la même? Tousces corps devenus invisibles, sont à la place où ils ont été observés,puisqu’ils n’en ont point changé, durant leur apparition ; il existe
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