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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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548 EXPOSITION

donc dans lespace céleste, des corps obscurs aussi considéi'ables,et peut-être en aussi grand nombre, que les étoiles. Un astre lumi-neux de même densité que la terre, et dont le diamètre seroit deuxcent cinquante fois plus grand que celui du soleil, ne laisseroit envertu de son attraction, parvenir aucun de ses rayons jusquà nous;il est donc possible que les plus grands corps lumineux de lunivers,soient par cela même, invisibles. Une étoile qui, sans être de cettegrandeur, surpasseroit considérablement le soleil ; affoibliroit sen-siblement la vitesse de la lumière, et augmenteroit ainsi létenduede son aberration. Cette différence dans laberration des étoiles ; uncatalogue de celles qui ne font que paroître, et leur position observéeau moment de leur éclat passager; la détermination de toutes lesétoiles changeantes, et des variations périodiques de leur lumière;enfin les mouvemens propres de tous ces grands corps qui, obéis-sant à leur attraction mutuelle, et probablement à des impulsionsprimitives, décrivent des orbes immenses; tels seront, relative-ment aux étoiles, les principaux objets de lastronomie future.

Il paroit que ces astres, loin dêtre disséminés dans lespace, à desdistances à-peu-près égales, sont rassemblés en divers groupesformés chacun, de plusieurs milliards détoiles. Notre soleil et lesplus brillantes étoiles font probablement partie dun de ces grou-pes , qui vu du point nous sommes, semble entourer le ciel,et forme la voie lactée. Le grand nombre détoiles que lon apperçoità-la-fois, dans le champ dun fort télescope dirigé vers cette voie,nous prouve son immense profondeur qui surpasse mille fois, ladistance de Sirius à la terre. En sen éloignant, elle finiroit par offrirl'apparence dune lumière blanche et continue, dun petit diamètre;car alors, lirradiation qui subsiste, même dans les meilleurs téles-copes, couvriroit et feroit disparoître les intervalles des étoiles; ilest donc vraisemblable que les nébuleuses sont, pour la plupart,des groupes détoiles, vus de très-loin, et dont il suffiroit de sap-procher , pour quils présentassent des apparences semblables à lavoie lactée. Les distances mutuelles des étoiles qui forment chaquegroupe, sont au moins, cent mille fois plus grandes que la distancedu soleil àla terre : ainsi lon peut juger delà prodigieuse étendue deces groupes, parla multitude innombrable détoiles que lon observe

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